AGUILERA : NOTRE HISTOIRE TRAHIE

L'élue Corine Martineau - si redoutée par la majorité Arosteguy lorsqu'elle prend la parole en conseil municipal - a cherché à faire admettre à celle-ci son incapacité à entendre le grondement populaire.

Regard dans le rétroviseur sur le conseil municipal du 15 septembre, où les élus étaient appelés à voter le déclassement du terrain Coubertin.

Madame Martineau ouvre le sujet sur le refus, clairement exprimé par les Biarrots, d'assister au bétonnage d'Aguilera : «Qu'est-ce que vous ne comprenez pas dans le mot "NON" ? Permettez-moi de vous rappeler sa définition, au cas où votre dictionnaire aurait disparu, en même temps que votre écoute citoyenne : "NON (nom masculin et interjection) : Particule négative exprimant le refus, l'opposition ou la désapprobation. Synonymes : jamais, pas question, hors de question."».

Corine Martineau rappelle les circonstances de son acquisition : «Le terrain Coubertin, comme Larribau et Bendern, n’est pas un simple bout de terre. C’est un morceau vivant de l'histoire de Biarritz, un patrimoine qui nous relie à nos racines, à nos luttes, à nos victoires. Acheté en 1906 au duc et à la duchesse de Montcabrier - eux-mêmes héritiers de Monsieur et Madame Aguilera -, ce terrain fut cédé le 13 avril 1906 au maire de l’époque, Pierre Forsans, pour la somme de 200.000 francs. Mais ce n'est pas une transaction immobilière que l’on évoque là, c’est l’acte de naissance d’un lieu mythique, d'un espace où Biarritz a écrit certaines de ses plus belles pages.».

Aguilera est en effet un lieu de mémoire et madame Martineau se souvient : «Pendant la Grande Guerre de 1914, la Villa Rose servit d'hôpital de campagne, et les terrains furent recouverts de baraquements pour les blessés. Un lieu de souffrance, oui, mais aussi de solidarité et de résistance. Puis, vinrent les années folles : construction d’un fronton en 1921, aménagement du Tennis Club, des tribunes pour les concours hippiques, et même une aire de tir aux pigeons - une ironie de l'histoire, quand on sait ce qui menace aujourd'hui ce terrain !»

En enfant du pays qu'elle est, elle évoque cette histoire à laquelle elle a été bercée : «Mais tout a commencé bien avant. En 1903, l’année du premier Tour de France, le Biarritz-Stade obtint l'autorisation de jouer son premier match de rugby à Aguilera, face à San-Sebastián. Nos amis d'outre-Bidassoa, eux, pratiquaient plus le football... Deux mois plus tard, Biarritz affronta le Stade-Bordelais dans une vraie partie de rugby. C'était le début d’une légende. Athlétisme, tennis, boxe, cyclisme, escrime, et bien d’autres disciplines deviendront les ambassadeurs d'Aguilera.».

Et Corine Martineau devient le porte-voix de nous tous : «Alors non, madame le maire, ce que vous voulez bétonner, ce n'est pas un "simple bout de terre". C'est l'âme de Biarritz que vous voulez enterrer sous le ciment. C'est notre mémoire collective que vous voulez effacer pour quelques logements et un parking. C'est l'héritage de ceux qui ont fait de cette ville un symbole de sport, de résistance et de passion que vous sacrifiez sur l'autel de l'immobilier. Vous ne vendez pas un terrain. Vous trahissez une histoire.».

Et l'élue d'opposition de l'interroger : «Il vous faut quoi pour comprendre ?! Le Coubertin fait partie du projet, alors je vais rappeler une fois de plus la voix de ceux qui se sont exprimés.».

Corine Martineau énumère tous ces moments où les Biarrots ont donné leur avis négatif sur ce projet destructeur :

-La «concertation sur l'aménagement d'Aguilera» auprès des citoyens : 872 réponses, 808 contre !

-Une enquête publique en plein mois d'août, avec plus de 60 % de réponses négatives !

-Une pétition en ligne recueillant plus de 2.600 signatures CONTRE le bétonnage d'Aguilera !

Comme pour toute personne douée d'un minimum de bon-sens, pour Corine Martineau c'est «un message massif, limpide, sans ambiguïté.».

Elle poursuit : «Alors, madame le maire, à partir de combien de "NON" allez-vous enfin entendre "STOP" ?».

Quand, en effet ?! Nous serions tentés de répondre à madame Martineau que le mois de mars prochain sera le "STOP" prononcé par la plèbe «nigaude».

Corine Martineau recentre le cœur du débat : «Les Biarrots ont parlé : ils ne veulent pas de béton là où il y a du sport et de la vie. Alors, soit vous avez un problème de compréhension, soit vous prenez les consultations citoyennes pour une formalité à cocher avant de passer en force.

On vous explique depuis le début :

-Nous ne sommes pas opposés au logement, mais pas à cet endroit et pas autant.

-Votre projet, c'est la mort du plateau sportif.

-C'est un projet délirant, un non-sens.».

Sans transiger, l'élue Martineau prévient solennellement : «Alors, avant de signer quoi que ce soit, demandez-vous : quelle sera votre place dans l’histoire de Biarritz ? Celle qui a préservé son patrimoine… ou celle qui l’a détruit ?».

«Moi, je comprends la signification du mot "NON", donc :

-NON, je ne veux pas du déclassement de Coubertin.

-NON, je ne veux pas que ce site, qui fait partie du Biarritz historique, soit sacrifié pour du béton.

-NON, je n'ai pas voté pour le projet que vous vous entêtez à faire passer.

-NON, je n'approuve pas la cession à la société Aldim.

-NON, je n'autorise pas, madame le maire, à engager les procédures en mon nom.

Est-ce que vous avez compris le "NON" ?».

Lecteur, vous souhaitez logiquement connaître la réponse de madame Arosteguy ? Elle ne répondit rien.

Que pouvait-elle opposer à la force de cette intervention qui se suffit à elle-même ?

Le bétonnage d'Aguilera n'aura pas lieu !

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