UNE PRESSE LOCALE AU SERVICE D'UNE MAIRE ET DE SA PROPAGANDE ?
À l'heure où la campagne officielle des prochaines Municipales est lancée, et face aux dérives constatées de certains supports de presse, une mise au point solennelle s'impose.
Cette alerte est à l'adresse du quotidien «Sud-Ouest» et de l'hebdomadaire «La Semaine du Pays Basque».
La devise du journal Sud-Ouest, empruntée à Beaumarchais, est : «Les faits sont sacrés, les commentaires sont libres» : ça tombe bien, car chez Sauvegarder Biarritz nous appelons à la liberté de commenter. Et «Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur», décidément Beaumarchais a tout bon.
Ce support a choisi d'être aimable - pour ne pas dire approbateur ou laudateur - envers madame Arosteguy, mettant en avant sa personne, ceux qui l'accompagnent et ses propos souvent contestables.
Quant aux événements et réalisations, ils sont transcrits au travers de lunettes roses bien peu en phase avec la réalité du terrain et le ressenti des habitants.
Les comptes-rendus des conseils municipaux font écarquiller les yeux des Biarrots : là aussi, un récit en inadéquation avec les échanges entre Majorité et Opposition, l'humeur ambiante, et les pertinentes interventions d'élus de l'opposition.
Des articles, vides de sens et d'intérêt, accompagnés de grandes photos montrant toujours la même et ses élus-suiveurs.
Cet «amour» serait aussi mû par l'argent que la Ville de Biarritz verse à Sud-Ouest... nous y reviendrons plus loin.
Le Sud-Ouest choisit ses victimes qui sont à blacklister : rappelons-nous du conflit ouvert par ce quotidien contre l'ancien président du Biarritz-Olympique Jean-Baptiste Aldigé, car ce dernier, soucieux de faire des économies dans son club, avait choisi ne plus poursuivre le versement d'argent à ce support. Car, selon les informations recueillies par France Bleu Pays Basque et relayées dans un article le 18 novembre 2024, en contrepartie d'une importante somme versée au journal, celui-ci «assurait une couverture rédactionnelle favorable au club». Monsieur Aldigé, s'estimant victime de «racket» avait publié un texte révélant des méthodes douteuses. La direction de Sud-Ouest avait alors déposé plainte contre l'ancien président : première instance, appel, et enfin la cour de Cassation se prononce en faveur de Jean-Baptiste Aldigé et condamne Sud-Ouest. Six ans après, la vérité a été rétablie.
Grand tabou dénoncé publiquement par l'ancien président du BOPB : le lien malsain entre publicité et rédactionnel.
Le sujet se pose aussi pour les personnes ne faisant pas de politique et issue de la société civile : des événements qui attirent des centaines de personnes sans jamais donner lieu à un compte-rendu, des ouvrages publiés qui ne font pas l'objet d'une rédaction, un prix accordé à une sportive biarrote méritante mais qui passe sous le silence, un sujet majeur dont la ville entière parle... SAUF le journal : on pourrait aligner les exemples par dizaines.
Encore une fois, une différence notable s'opère entre les proscrits - interdits d'existence - et les vaches sacrées auxquelles Sud-Ouest rédige des textes en long, en large et en travers. Quand des explications sont demandées en haut-lieu de ce support presse - car explication il doit y avoir ! -, les interlocuteurs se refilent la patate chaude sans jamais donner suite aux légitimes demandes.
Venons-en maintenant à «La Semaine du Pays Basque» qui est aussi un support bénéficiant des largesses de la Ville de Biarritz.
Cela oblige, cela contraint, surtout quand on sait que ce support a connu de graves difficultés de trésorerie lors de son histoire récente, et que ses ventes ne suffisent absolument pas à sa survivance. Alors, il faut, pour gagner sa pitance, sortir la brosse à reluire en direction de ceux qui savent et/ou peuvent délier bourse.
Ceux qui y ont une rubrique politico-locale, on les connaît : à travers des ragots, des on-dit, des propos calomnieux, des indiscrétions qui n'en sont pas et de fausses nouvelles présentées comme vraies, cet hebdomadaire déploie un récit où toujours les mêmes sont flattés et toujours les mêmes sont raillés, telle une mécanique bien huilée. Et ceci concernant les protagonistes des villes de Bayonne, d'Anglet, de Saint-Jean-de-Luz et bien évidemment Biarritz, qui est le terrain de prédilection de ses rédacteurs.
Jouant les bouffons du roi - l'esprit et l'humour en moins - ils pratiqueront allègrement la théorie du «le roi est mort, vive le roi !» pour encenser le nouveau ou la nouvelle maire de Biarritz qui sera élu(e) en 2026, en remplacement de madame Arosteguy.
Alors, on le sait bien, beaucoup ont résilié leur abonnement ou ont cessé d'acheter ces papiers, choisissant de s'informer autrement - et, il faut bien le dire, gratuitement -, sur les réseaux sociaux ou par d'autres voies de presse qui ont su garder chevillées au corps les valeurs de leur métier.
Des manœuvres, nous en avons été les témoins aux élections Municipales de 2014 puis de 2020. Nous ne nous tairons plus face au favoritisme dont certains supports se rendent coupables pour mettre en lumière les uns plutôt que les autres, ridiculisent TOUJOURS leurs mêmes têtes de turc et flattent TOUJOURS les mêmes qui occupent le Pouvoir municipal.
Nous nous interrogeons pour savoir où est passée la déontologie la plus élémentaire de certains rédacteurs de ces supports qui semblent oublier ce que la «Charte de déontologie de Munich» engage tout journaliste, ou personne usant de la plume, à observer.
Dans ces «dix devoirs» figurent, entre autres :
-Respecter la vérité..,
-Défendre la liberté de l’information, du commentaire et de la critique,..
-Ne pas user de méthodes déloyales pour obtenir des informations, des photographies et des documents, ...
-Rectifier toute information publiée qui se révèle inexacte, ...
-S’interdire le plagiat, la calomnie, la diffamation, les accusations sans fondement ainsi que de recevoir un quelconque avantage en raison de la publication ou de la suppression d’une information, ...
-Ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste ; n’accepter aucune consigne, directe ou indirecte, des annonceurs, ...
-Refuser toute pression et n’accepter de directives rédactionnelles que des responsables de la rédaction, ...
Notons que les bons élèves en matière de neutralité et de pluralisme sont la radio «Ici Pays Basque» (anciennement France Bleu Pays Basque citée plus haut) et «Mediabask». Ceux-ci relatent ce qui relève de l'information municipale, font le tri entre l'essentiel et l'accessoire, et affichent une impartialité quant aux personnes. Ils se refusent à pratiquer de la propagande partisane pour les municipalités en place, ne versent pas dans la pathétique flagornerie et pratiquent avec une rigueur intellectuelle leur métier.
Nous sommes tombés bien bas, localement, de devoir applaudir des personnes qui font simplement leur métier avec éthique.
Pourtant, une impartialité du traitement de l’information devrait être de mise quand on sait que c’est l'argent des Français qui entretient une presse subventionnée.
En effet, dans un pays où l'État verse en «aides directes à la presse» à hauteur de 193,8 millions d'euros (au budget de 2025), cela interroge.
Dans ce montant se trouvent 25,9 millions d'euros versés à 375 titres de presse dans le cadre des aides au pluralisme. Le Ministère de la Culture précise que «Ces aides visent à garantir la diversité des médias, essentielle à un paysage médiatique libre et indépendant, constitué d'opinions et d'idées diverses» et indique qu'«une attention particulière est apportée à la presse régionale et locale ainsi qu'à la diffusion dans l'ensemble des territoires».
Le «pluralisme» ! Certains auraient bien besoin qu'on leur rappelle la définition du mot.
Comme cela ne suffit pas, d’autres soutiens financiers appelés «aides indirectes à la presse» s’élèvent, en 2025, à 244 millions d'euros. Tout va bien, le budget français - comme chacun le sait - en a les moyens !
Concernant les aides de l'État versées à Sud-Ouest : impossible de trouver des chiffres récents et précis concernant ces subventions émanant de l'argent public.
Si le Groupe Sud-Ouest est prompt à diffuser sur son site le nombre de lecteurs qu'il revendique, de clients qui lui seraient affiliés pour de la publicité, et d'employés qui collaborent, pas de transparence sur cette donnée !
Il en est de même pour «La Semaine du Pays Basque» : impossible de vous fournir des chiffres.
Quand vous ajoutez aux contributions qui précèdent les aides et/ou publicités de la Communauté d'Agglomération, du Département et de la Région, vous comprenez que certains ont tout intérêt à être davantage aimables avec une fraction d'élus qu'avec d'autres.
Il s'agit bien là, à tous les niveaux, d'une Presse sous perfusion.
Quant à la Ville de Biarritz, une merveilleuse opacité est à dénoncer quant au budget «communication» alloué aux supports de presse locaux.
Dans ce jeu de qui tient la main à qui, reste que la municipalité biarrote paie l’octroi d’encarts publicitaires à ces deux supports de presse, s’offrant de la sorte des moyens d'entretenir l'amitié autrement que ne le peuvent les élus d'opposition qui n'ont pour eux que leur combat bénévole au service des Biarrots.
Pour conclure, chaque fois qu’au cours de la prochaine campagne municipale nous serons témoins d’iniquité, nous le dirons à haute et intelligible voix.



