UN DIALOGUE DE SOURDS ENTRE UN PERROQUET ET DES LÉGALISTES
Sauvegarder Biarritz se réjouit d'avoir pu, au prix de vingt mois de travail bénévole et de sacrifices, entretenir ce blog qui a permis de porter à la connaissance de Biarrots des informations sur la gouvernance municipale qu'ils n'auraient pu trouver dans la presse papier locale. Mais aussi d'avoir su stimuler les élus de l'opposition et les encourager à observer une vigilance soutenue sur la régularité du déroulement des conseils municipaux, de ne pas se contenter d'une prise de parole publique lors de ces séances, et aussi et surtout de solliciter l'arbitrage de la Justice et de la Préfecture par voies de recours, dans le cas de violation manifeste de la réglementation ou de la loi.
En effet, tout au long de ce mandat 2020-2026, madame Arosteguy s'est fréquemment affranchie de certaines règles en vigueur, s'adonnant en particulier à des votes rétroactifs pourtant interdits par le Conseil d'État.
Madame Arosteguy s'est aussi livrée, à de multiples reprises, à la diffamation envers des personnalités biarrotes et envers les élus de l'opposition, attentant scandaleusement à leur irréprochable moralité. Il est regrettable que cela n'ait fait l'objet d'aucune sanction autre que la désapprobation populaire.
Trop de mauvais agissements, trop de mauvaises décisions et beaucoup trop d'amateurisme auront émaillé ce mandat : Sauvegarder Biarritz aura, avec une totale indépendance, été présent pour les Biarrots, malgré les intimidations, les pressions et les coups de menton. Nous ne céderons rien.
Après le conseil municipal du 15 septembre dernier qui s'est déroulé dans une totale illégalité suite au huis clos décidé unilatéralement par madame Arosteguy, donnant lieu à l'expulsion de citoyens biarrots, le préfet - saisi par l'élu Jean-Baptiste Dussaussois Larralde - a fait état à la mairie biarrote de son obligation de remettre à l'ordre du jour ces mêmes délibérations lors d'un nouveau conseil municipal.
Nous saluons la décision de monsieur le Préfet Jean-Marie Girier qui aura répondu présent à cette légitime demande, et ainsi fait respecter le cadre légal de nos Institutions.
En attente de ce «nouveau» conseil municipal dont la perverse date retenue par madame Arosteguy est le vendredi 24 octobre - jour de réception du match du Biarritz-Olympique - Sauvegarder Biarritz a choisi de vous partager la chronologie et quelques dialogues choisis de l'ubuesque conseil municipal du 15 septembre :
-madame Cascino - adjointe à l'Urbanisme - tient des propos provocateurs : le public venu pacifiquement manifester se met à huer,
-madame Arosteguy reprend la parole et, au lieu d'appeler au calme et de réclamer le silence au public, clame aussitôt qu'elle «va faire évacuer la salle»,
-dans la foulée, une armada de policiers nationaux et municipaux en uniforme et en civil apparaît,
-les élus d'opposition Patrick Destizon et Jean-Baptiste Dussaussois Larralde tentent patiemment d'expliquer à madame Arosteguy la réglementation en vigueur qu'elle semble méconnaître. En vain,
-une période de flottement s'ensuit, puis le public scande bruyamment «DÉMISSION» et «KANPORA» en direction de madame Arosteguy,
-madame Arosteguy se lève pour se réfugier dans son bureau, puis commande au directeur de cabinet de donner l'ordre aux élus de la Majorité de quitter la salle du conseil,
-voyant que le public n'a aucune intention de quitter la mairie, madame Arosteguy fait procéder à son expulsion par les forces de l'ordre,
-après une interruption de séance, le conseil municipal reprend son cours, sans public.
Mais, patatras, plus d'une heure après... madame Arosteguy intervient : «Je vais revenir sur les délibérations numéro 3 et numéro 4 parce que les éléments qui m'ont été communiqués par mon administration, nous devons décider collectivement de la suspension des débats et donc nous allons terminer ce débat autour de la délibération numéro 5 et ensuite, avant de passer à la délibération du vote numéro 5, je vous demanderai, chers collègues, de bien vouloir m'autoriser à suspendre les débats...». Elle vasouille en délivrant ce charabia lorsque le directeur général des services, monsieur Stéphane Rochon, l'interpelle. Elle se tourne vers lui et se rattrape : «euh pardon, de voter le huis clos. Je vais donc vous demander, il fallait que je vous demande de voter le huis clos et donc nous allons ajouter une délibération, nous allons revoter la délibération numéro 4 et faire ceci avant la numéro 5...».
Jean-Baptiste Dussaussois Larralde réagit : «Excusez-moi, pour bien comprendre, vous nous demandez de voter a posteriori un huis clos que finalement vous nous avez imposé depuis la troisième délibération ?», puis ce dernier lève les bras au ciel.
Madame Arosteguy cherche à le couvrir de sa voix : «Effectivement dans les éléments administratifs, effectivement, il me manquait, euh... il me manquait cet élément-là donc j'ai dû signer un document que... que... mais l'administration me donne cet élément juste maintenant (…) Donc pour être conforme...».
Monsieur Dussaussois Larralde dodeline de la tête : «Le souci, c'est que vous agissez dans la précipitation plutôt que d'expliquer aux Biarrots, d'expliquer calmement qu'il faut respecter le calme. Si ça faisait plus de 20 minutes qu'il y avait le bazar peut-être, mais là..! Vous n'avez pas respecté les Biarrots, et vous demandez le huis clos !».
L'élu Patrick Destizon prend à son tour la parole : «Je pourrais vous dire que je vous ai prévenue. Je n'ai pas l'habitude de parler pour ne rien dire. Si j'ai élevé le ton et si je vous ai informée, ce n'était pas pour rien. Quand j'avance des choses, en général, j'ai la réputation de les avoir vérifiées avant. Donc, si je vous l'ai dit, madame le maire, ce n'était pas pour vous ennuyer : c'est que je connais le code général des collectivités territoriales, mieux que vous visiblement !».
Après moult hésitations, des «euhhhh...» interminables et répétitifs, madame Arosteguy a enjoint l'assemblée à «voter la délibération qui permet le huis clos».
C'était sans compter sur la ténacité de monsieur Dussaussois Larralde qui la prévient : «... du coup ce sera contesté parce que c'est l'ensemble du conseil municipal qui sera rendu à huis clos et vous tentez de le faire rétroactivement (…) donc ce sera un motif de contestation».
N'en faisant qu'à sa tête, madame Arosteguy réplique : «Et bien vous protesterez, mais là sur les conseils de mon administration qui me demande de faire cela...».
Tentant de se faire entendre de madame Arosteguy, monsieur Dussaussois Larralde insiste : «Excusez-moi, ça ne peut pas être rétroactif. Ce qui a été voté, a été voté ! (…) Je me permets de vous mettre cordialement en garde sur ce sujet. (…) Le préfet sera saisi par mes soins dès demain matin. (….) Une délibération ne peut pas être rétroactive ! C'est illégal. J'insiste là-dessus et ce n'est pas un point de détail. (…) Il y a un principe très simple dans le droit public, c'est qu'il n'y a pas de rétroactivité des délibérations !».
Patrick Destizon s'affirme : «Je note que vous donnez raison à ce que je vous avais dit en début. (…) Il est évident que tenir un conseil municipal sans le public, cela ne se fait que quand on a peur de sa population. Ce n'est pas un signe de sérénité (…) Je n'ai quasi jamais vu se tenir un conseil à huis clos, sauf vraiment quand on a peur de sa population. Si vous en êtes là, madame le maire, vous avez vraiment beaucoup de souci à vous faire.».
Quant au vote pour le huis clos rétroactif, l'élu Destizon proclame : «Non-participation au vote ! Je ne vais pas participer à cette pantalonnade que vous nous faites ce soir ! Je ne participe pas à vos micmacs et à vos élucubrations !».
Évidemment, ne souhaitant pas être complice d'une telle irrégularité, aucun autre élu d'opposition n'aura participé à ce vote.
Quel invraisemblable cafouillage où Biarritz est encore placée dans une position ridicule !
Laissons le dernier mot à l'élue Corine Martineau s'adressant à madame Arosteguy : «Ce soir vous avez montré votre vrai visage.».
