PROJET AGUILERA : CE QU'EN PENSE JEAN-BAPTISTE DUSSAUSSOIS-LARRALDE
Ardent défenseur de la Plaine Aguilera et de sa vocation sportive, celui qui est dorénavant candidat déclaré au fauteuil de maire a prononcé un réquisitoire sans appel, lors du conseil municipal du 15 septembre dernier. Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde n'y omet aucun aspect de ce qu'il convient de nommer «l'Affaire Aguilera».
L'énumération qui suit permet à tous de cerner l'étendue du problème et les raisons pour lesquelles ce projet n'est pas accepté par les Biarrots.
«Allons-nous construire pour les Biarrots d'aujourd'hui et de demain, ou pour des logements vides ?» : cette phrase - prononcée par l'élu d'opposition, mérite d'être posée. Il suffit de marcher dans tous les quartiers de Biarritz pour comprendre que le logement vide à l'année est un problème majeur. Devrions-nous donc nous rendre complices de constructions dont le prix au mètre carré indique leur destination future ?
Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde pose pertinemment le décor du sujet Aguilera : «Permettez-moi de dire les choses clairement. Nous assistons à un passage en force, au mépris de la démocratie locale et de la transparence. Depuis le début, ce projet est marqué par l'opacité.». Opacité : ce mot, juste, symbolise le projet Arosteguy pour la Plaine sportive.
Monsieur Dussaussois-Larralde reprend : «Premièrement : une enquête publique conduite dans des conditions contestables, dont la diffusion et la lisibilité posent question. 15 jours de consultation en plein mois d'août ! Un commissaire-enquêteur désigné par la mairie dans la précipitation - vous nous l'avez expliqué - sans garantie suffisante d'indépendance. Qui remet son rapport en deux semaines après la fermeture de l'enquête, contre un mois qui est le délai demandé, et sans possibilité donc de prolonger l'enquête comme de nombreux Biarrots le demandent. (…) Sauf que comme on a ce conseil municipal le 15 septembre, il aurait été impossible de prolonger l'enquête... finalement rien de très surprenant quand on voit que 63% des avis collectés dans cette enquête publique sont des avis défavorables. Là non plus, pas une surprise, puisque lors de la dernière l'enquête publique, 90% des Biarrots qui s'étaient exprimés avaient émis un avis défavorable à la destruction du plateau sportif.».
Et de poursuivre : «2eme point : sur le plan juridique, ce dossier me semble fragile. Comment parler de désaffection, alors que ces parkings et cette voirie sont utilisés chaque jour par la clinique, par le personnel soignant, par les patients, par les associations sportives, par les riverains, par les visiteurs des restaurants ? Sans désaffection réelle, il ne peut y avoir de déclassement légal, et c'est là un point extrêmement important de mon intervention.». Tout à fait d'accord avec cette pertinente analyse selon laquelle l'aspect légal de la chose pourrait être contesté par les autorités compétentes.
Jean-Baptiste Dussaussois Larralde fait valoir l'argument social, qui serait, selon lui, fallacieux : «3eme aspect : un FAUX projet social et ça, les Biarrots doivent bien le comprendre. Vous savez, je suis pragmatique. J'aime bien qu'on pose les chiffres. On nous promet 106 logements sociaux et il faut rappeler qu'ils ne sont conventionnés que pour 30 ou 40 ans - vous me direz la durée du contrat que vous allez signer. C'est donc finalement du logement social temporaire, et pas un patrimoine durable, et il faut penser sur du long terme. Donc, en plus de ces 106 logements, 47 logements vont être en bail réel solidaire (BRS) qui, eux, vont être finalement très minoritaires. Donc, dans ces 47 logements, combien réellement seront à destination de Biarrots ? 10, 15, 20 ? Et le reste ? Finalement, on va se retrouver avec trois-quarts du programme qui sera constitué de résidences secondaires, vides la majeure partie de l'année, et qui auront été vendus pour, allez... peut-être environ 8.000 euros du mètre carré. Et voilà la vérité de ce projet ! Ce projet ne répond pas à la crise du logement des Biarrots ! Il nourrit la spéculation et les logements fantômes ! C'est un coup d'épée dans l'eau, une destruction pour rien.».
Élément grave qui pourrait ne pas rassurer sur le sort, en ce quartier, de la polyclinique Aguilera, l'élu d'opposition prévient, préfigurant l’avenir : «4eme point : 70 places de parking en moins et 400 voitures en plus, voilà en substance ce qui attend les Biarrots. Plus de stationnement à proximité de la clinique, ni pour le personnel, ni pour les patients qui viennent consulter. Donc vous faites porter à Biarritz le risque d'une dégradation du service de santé.». En effet, on peut tourner les choses dans tous les sens, mais la polyclinique n'a pas d'autre option que celle d'utiliser le stationnement de la Plaine Aguilera. Dans ces circonstances, comment feraient, en cas de bétonnisation, les soignants et les usagers ?
Une ville peut-elle concevoir un projet, sans l'appui majoritaire de sa population ? Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde nous répond et il se montre catégorique : «Et 5eme point : un projet contre les Biarrots ! Un projet qui oppose, au lieu de rassembler. Il oppose habitants et sportifs, il oppose santé, accès à la clinique et logements. Il oppose une promesse écologique de verdissement à une bétonnisation massive d'Aguilera. Et Aguilera doit rester un lieu de vie, pas un décor de résidences secondaires !».
L'élu ne compte pas en rester là et exige des réponses à ses questions : «Vous le savez, j'ai saisi le préfet, j'ai saisi le tribunal administratif, j'ai alerté la presse et les Biarrots, et je saisirai à nouveau le tribunal administratif au sujet de cette enquête publique bâclée, si vous persistez dans votre précipitation et vos approximations. Pourquoi ? Parce qu'il est de ma responsabilité, de notre responsabilité, de défendre l'intérêt général face à un projet dont la légalité me semble fragile et dont les conséquences pour la Ville seraient irréversibles. Alors je m'interroge : pourquoi tant de précipitation ? Pourquoi refuser un vrai débat citoyen ? Pourquoi livrer Aguilera à la spéculation immobilière, plutôt qu'en faire un lieu au service de tous et pas que de quelques privilégiés ? Pourquoi ne pas regarder la vérité en face et accepter que d'autres voies sont possibles pour créer du logement ? Madame Arosteguy, Aguilera n'appartient pas à votre majorité ! Aguilera appartient aux Biarrots et nous ne laisserons pas brader ce site emblématique dans l'ombre d'arrangements de couloir.».
Il conclut : «Vous agissez dans la précipitation ! Un arrêté municipal qui doit s'appliquer à partir du 15 septembre, mais dès le 12 septembre vous faisiez détruire le terrain Coubertin, vous interdisiez le stationnement, sans solution pour les pratiquants d'activité ni le personnel de la clinique. Je le dis solennellement, nous poursuivrons ce combat devant la justice comme devant les Biarrots, car ce déclassement que vous tentez d'imposer ce soir n'aura de valeur que celle que les tribunaux voudront bien lui reconnaître. Nous voulons un Biarritz du sport, un Biarritz vivant, un Biarritz ouvert et surtout pas un Biarritz ouvert à la spéculation. Et c'est au nom de cette conviction que je voterai évidemment contre ce déclassement et je continuerai avec détermination à défendre l'intérêt des Biarrots.».
Ce dossier a été mené de manière incompréhensible et déconcertante par la Majorité municipale :
-Pas d'organisation de réunions publiques pour expliquer à tous, de façon limpide et à l'appui de documents fiables, le projet.
-Des enquêtes publiques au cours desquelles les observations des Biarrots n'auront pas été prises en compte.
-Une étrange précipitation pour boucler le dossier, qui interroge.
Fions-nous à la ténacité de Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde pour qu'il ne lâche rien et soyons-lui d’ailleurs reconnaissant d’avoir tenté pour ensuite pouvoir prétendre réussir.
Ne dit-on pas que «le futur dépend de ce que nous faisons au présent» ?
