MAJORITÉ PETOCHARDE ET HUIS CLOS MAQUILLÉ
À l'occasion de cet avant-dernier conseil municipal du mandat Arosteguy, nous avons atteint le summum de ce que nous pensions impossible :
-Interdire l'entrée d'une mairie à de simples citoyens, sous le fallacieux prétexte d'une jauge fixée à 30 personnes - tout en mettant la responsabilité de cette limite sur le dos du préfet -, c'est déjà invraisemblable.
-Puis dépêcher, cette fois-ci encore, la police nationale et municipale pour encadrer un banal conseil municipal - alors même que l'on ne croise que trop rarement un uniforme en ville pour protéger la population,
-Tout en demandant à cette même police de participer à son coup monté en filtrant les entrées indésirables, ça commence à sérieusement dériver.
-Ensuite, battre le tambour pour faire venir de toute la côte les bien-votants du parti «Les Républicains», les sympathisants, les thuriféraires de la majorité en place et autres flatteurs serviles, en envoyant des SMS en masse à ceux-ci pour qu'ils remplissent la salle, ça dépasse l'entendement.
-Et enfin, faire réaliser cette basse besogne par un administratif de la mairie, pourtant assujetti à un devoir de réserve, là c'est tout simplement du délire.
Mais madame Arosteguy ne s'attendait sans doute pas à ce que son plan d'exclusion des Biarrots lambda soit fuité et que le pot aux roses soit découvert.
Ce message, envoyé par le chef de cabinet à la Ville de Biarritz - Bertrand Lavielle - est le suivant : «Bonjour, Le prochain conseil municipal a lieu ce vendredi. Nous avons particulièrement besoin de ta mobilisation et de ton soutien dans le public. Ta présence serait souhaitable dès 16h15 pour être placé dans les premiers rangs. Merci de m'indiquer en retour si tu pourrais être des nôtres. Bertrand».
Ayant déjà, et de manière perverse, fixé la date du conseil municipal le vendredi 24 octobre au moment du match à domicile du BOPB, il fallait que la maire poursuive dans cette malsaine démarche en décidant de ne pas filmer la séance. Mais étant débusquée dans son intention d'imposer un huis clos et devant donc y renoncer, madame Arosteguy n'avait d'autre choix que d'échafauder un autre plan malveillant : empêcher aux Biarrots d'assister à ce conseil.
Ayant été contactés par plusieurs habitants qui ont trouvé porte close en mairie de Biarritz vers 17 heures, avec la formelle interdiction de fouler le hall d'entrée de la mairie, nous nous sommes rendus sur place - à intervalles différents au cours de la soirée et avec des personnes aux identités diverses - pour s'entendre répéter que «la jauge était atteinte». Jauge que l'on nous dit alors, sur place, être de 40 personnes : on apprendra le lendemain que cette limite était en fait de 30 personnes. Même pas capables d'accorder leurs violons ! Jouant le jeu de croire à cette grotesque jauge dont il n'a jamais été question durant les presque six années écoulées, nous avons patienté jusqu'à ce que des personnes quittent la salle et libèrent donc des places. Malgré les sorties de plusieurs individus, les agents de police - en sentinelle - n'ont daigné laisser entrer AUCUN Biarrot, arguant avoir reçu des «instructions strictes de ne laisser passer personne».
Sommes-nous, à Biarritz, en Russie ? On n'a que trop constaté des délires autoritaristes au cours de ce mandat. Sur un plan moral, ces errements ne sont pas tolérables.
On voit bien que nous assistons à une scandaleuse privatisation de la mairie à des fins non-avouables, contraignant des agents de police à outrepasser leur vraie mission qui n'est pas de barrer la route à d'honnêtes citoyens, ni de prêter main forte à une conspiration politique.
Guillame Barucq, alerté de ce message compromettant, interpelle madame Arosteguy dès l'ouverture du conseil : «Il faudrait expliquer aux spectateurs quand même ce qui s'est passé déjà. C'est-à-dire que vous avez préempté l'assistance en envoyant, en faisant envoyer un message à vos soutiens - donc en pleine campagne municipale, c'est dérangeant ! - donc on les salue d'ailleurs, mais le problème c'est que les personnes qui sont arrivées là un quart d'heure en avance ont trouvé porte close. On leur a dit la jauge est dépassée, et elle est dépassée par vos propres soutiens, donc il faut le savoir.» et d'avertir qu'«il faut que tous les citoyens, de tous partis, puissent assister à ces séances.».
Madame Arosteguy a eu une réponse qui interroge : «en tous cas ceci a été géré en accord avec monsieur le préfet».
Attention à ces propos : voudrait-elle laisser imaginer que le préfet l'ait autorisée à remplir l'assistance avec son fan-club pour empêcher que des citoyens lambda puissent entrer en mairie de Biarritz ? Cette formulation, qui compromet monsieur le préfet Jean-Marie Girier car elle semble le désigner en tant qu'instigateur de cette honteuse sélection préméditée du public, ou à tout le moins en tant que complice, est gravissime. Une maire ne peut impunément entraîner la responsabilité d'un grand représentant de l'État dans l'organisation d'un complot délirant.
Pour Patrick Destizon, cette interdiction pour les Biarrots d'assister au conseil peut avoir de sérieuses répercussions : «...ça peut être considéré comme une volonté de ne pas rendre public réellement les débats puisque vous les avez préemptés avec vos soutiens et vous avez empêché les autres de venir. Nous verrons bien ce que diront les jurisprudences, mais enfin là vous avez, une nouvelle fois, créé une fragilité. Décidément, vous les accumulez.».
Mais madame Arosteguy préfère répondre : «Je pense qu'alimenter cette fin de mandat par des polémiques stériles est le biais que vous allez utiliser et je pense que les Biarrots méritent mieux que ces petites pinailleries qui ne vous mèneront en tous cas nulle part.».
Voilà que cette dame crée la polémique mais ne souhaite pas que l'Opposition la dénonce, et se permet de terminer sa phrase par une menace à peine voilée !
Mais monsieur Destizon n'est pas de nature à se laisser intimider et l'avertit : «Il n'y a pas de démocratie sans droit. Ne l'oubliez jamais.».
Madame Arosteguy, toujours dans l’énervement : «Alors, écoutez ! On ne va pas commencer par les grandes tirades. Je ne voudrais pas que cette enceinte soit de nouveau le lieu d'un spectacle tragi-comique, dont le scénario n'est pas à la hauteur des enjeux. Nous avons beaucoup de délibérations à reprendre. Je souhaite que les choses se fassent sereinement et rapidement.».
Ben voyons ! Circulez, y'a rien à voir ! Plus vite ce sera plié, moins les Biarrots seront les témoins de cette comédie dont madame Arosteguy porte seule la responsabilité.
Richard Tardits intervient aussi et récite à voix haute le texte envoyé par le chef de cabinet Bertrand Lavielle : «Si vous appelez ça la démocratie ! Vous êtes en campagne, madame le maire, ou vous êtes aujourd'hui maire de Biarritz et vous défendez un endroit qui est public, qui devrait être accessible à tout le monde et vous avez préempté toutes ces places de premier rang ?».
Madame Arosteguy, piquée au vif, réagit : «Mais tout ceci est parfaitement légal ! Demander aux Biarrots de venir observer le conseil municipal est parfaitement légal.».
Mais elle a tout à fait raison : il est souhaitable, qu'en son nom et celui de la Ville de Biarritz, tous les Biarrots soient alertés de ce moment démocratique municipal. Mais ce qui n'est pas tolérable, et probablement irrégulier, c'est de convier seulement une fraction de personnes que l'on sait acquises à sa cause - même des non-Biarrots ! - pour gaver une salle jusqu'à atteindre une jauge secrètement fixée par la maire, et empêcher ainsi à d'autres d'entrer. Elle ne peut feindre d'ignorer cette subtilité.
D'ailleurs, à ce propos Jean-Baptiste Dussaussois Larralde veut des faits : «Vous rappelez le règlement intérieur. Cependant le règlement intérieur, qui a été voté, ne précise rien quant à la jauge et il ne peut y avoir que des conditions de sécurité d'accès ou de jauge de la salle en termes de sécurité qui pourraient vous permettre de refuser l'accès à certains Biarrots» avant de poursuivre «la tenue de ce conseil municipal avec une jauge qui est imposée pourrait être contestable.».
Avec un air d'autosatisfaction, madame Arosteguy lui répond : «Vous en avertirez monsieur le préfet, hein, qui va être très occupé par les affaires biarrotes je vois.».
Chiche ! Car :
-Marre que nos Institutions soient méprisées par des personnes qui se croient tout autorisé,
-Marre que les règlements et les lois soient piétinés,
-Marre que notre ville soit si indignement représentée et qu'elle fasse l'objet de ricanements quand elle n'est ouvertement raillée par les villes du département,
-Marre que le Préfet soit dans l'obligation de servir d'arbitre pour régler les mouvements d'humeur d'une maire qui a choisi d'agir comme bon lui plaît, faisant fi des Codes en vigueur.
En fait, le fond de la question c'est la peur de madame Arosteguy d'affronter les Biarrots.
Pour clore la séance, elle a adressé un regard reconnaissant envers le public présent et a déclaré : «Finalement on a bien fait de demander à un public extrêmement studieux, sage et silencieux de nous avoir accompagnés.».
Voilà bien là une reconnaissance explicite et sans équivoque que la privation de la mairie relève d'un acte calculé, tout en l'assumant et en le revendiquant.
Dans un contexte de banqueroute de son mandat, sa campagne municipale sur le terrain promet...
