LES LARMES DE CROCODILE DE LA MAIRE AROSTEGUY
Qu'il est lassant d'assister aux postures empruntées par madame Arosteguy.
Lassant de l'entendre dire qu'elle se soucie de trouver du logement pour «les Biarrots», alors même que ses actes ont démontré le contraire. Qui cherche-t-elle à tromper ou à apaiser ?
C'est pour dénoncer cette conduite tartuffarde que la conseillère municipale d'opposition Lysiann Brao a pris la parole, lors du Conseil municipal de septembre dernier.
Alors que madame Brao arrivait en mairie en décalé - retenue auparavant sur son lieu de travail - et n'avait donc assisté à l'illégal vidage de l’Hôtel de Ville des citoyens biarrots par leur autoritariste maire, quelle ne fut sa surprise d'être accueillie au pied de l’immeuble par un cordon policier.
Mais laissons-la témoigner : «Déjà, quelle arrivée ! C'est la première fois que je trouve porte close et puis que j'ai une demande de mon identité à l'entrée ! Donc, Bienvenue à Arosteguyland ! C'est la nouvelle version jusqu'au mois de mars 2026 ? OK !».
L'élue d'opposition a raison de s'en offusquer. Il en est de même pour les Biarrots lambdas qui, depuis la prise de fonction de madame Arosteguy aux commandes de la ville, voient leur mairie transformée en forteresse. C’est retenus derrière des cordages et des potelets que les Biarrots sont empêchés d’accéder aux étages s’ils n’ont pas préalablement décliné leur identité et prouvé qu’ils y sont attendus. Ce filtrage - pour ne pas dire flicage - à l’accueil de la mairie n'a jamais eu cours lors des mandatures précédentes. Mais cette disposition arosteguienne marque bien l'appréhension d’une Majorité municipale de ses administrés.
Lysiann Brao poursuit sur la compassion feinte de madame Arosteguy : «Je ne comptais pas intervenir sachant que tout le monde était intervenu, mais quand même ! Je vous entends dire, avec toujours une petite larme à l'oeil madame Arosteguy, en disant que vous allez loger les personnes qui en ont le plus besoin... et que ce ne sont pas les Biarrots qui étaient en train de manifester... et que vous pensez à tous ceux qui sont silencieux, qui ne disent rien... et qui sont dans des situations sociales difficiles et merci d'y penser, alors dans ce cas-là : pourquoi ne pas avoir fait 100% des logements accessibles à ce type de population ?».
Madame Brao s'agace : «Et non, vous choisissez, encore une fois, de donner un peu moins de la moitié au parc privé, et là on est bien, bien, bien loin des populations - et même pas en situation de fragilité, même des classes sociales moyennes, voire plus plus, qui n'y auront pas accès.
Donc, est-ce que vous pouvez, de temps en temps, parler de ce que vous faites avec réalisme et transparence et honnêteté ?!».
Inadéquation entre les paroles et les actes : c'est ce qui se répète tout au long de ce mandat.
Inlassablement, l'élue Brao recentre le débat et proclame le réel : «Et quand on choisit de mettre un peu moins de la moitié des logements au parc privé avec 8.000-10.000 euros le mètre carré, à aucun moment donné, on ne répond à la problématique de publics fragiles, de personnes âgées qui se retrouvent expulsées et je sors mon violon ! Et bien, vous pourriez en faire deux fois plus, en fait, si VRAIMENT ça vous tenait à cœur et que c'était vraiment ça la priorité d'Aguilera. Eh bé ce n'est pas les choix que vous auriez faits de donner la moitié au projet Alday et compagnie. Comme on l'a déjà dit, des centaines de fois ! Donc, à un moment donné, STOP quoi. Arrêtons! Vous voulez faire une opération immobilière, et bien voilà vous faites une opération immobilière ! Et on n'aurait pas des gens qui manifestent, à un moment donné stop quoi !».
Madame Arosteguy reprend et perd ses nerfs face aux arguments étayés de Lysiann Brao : «Alors comme pour des centaines de fois, je vais réitérer parce que je pense que vous n'avez pas bien compris ou vous ne souhaitez pas comprendre... Pour pouvoir faire d'Aguilera un quartier sportif et sortir 20 millions d'euros pour la rénovation des infrastructures sportives, il faut de l'argent ! Et excusez-moi, moi je ne tape pas au porte-monnaie des Biarrots en augmentant les impôts...».
Madame Arosteguy, dans son récit idéalisé, «oublie» que ce qu'elle dit est FAUX. Elle a augmenté par deux fois les impôts des Biarrots : une première fois, lorsqu'elle majore - de manière stratosphérique - les tarifs de stationnement, impôt injuste qui s'adresse à tous, même aux plus faibles. Et une deuxième fois, en rompant sa promesse de campagne, lorsqu'en conseil municipal du 24 septembre 2021, elle augmente à 60% - maximum autorisé par la Loi - la taxe sur les résidences secondaires. Oubliant que nombre de Biarrots détiennent, en leur propre ville, deux ou plusieurs biens immobiliers et sont, aussi, victimes de cette fausse promesse.
Lysiann Brao ne se démonte pas et contrecarre l'argument éculé : «Hé ! Vous arrêtez un peu ! On avait fait un projet où il y avait un financement ! Vous n'avez même pas daigné le regarder !».
Madame Arosteguy répond faiblement : «Mais si je l'ai regardé...».
Lysiann Brao martèle : «Mais non vous ne l'avez pas regardé ! Vous n'êtes même pas venue nous questionner pour vous dire, tiens que ce soit constructif ! Et là, encore une fois vous mentez ! Mais c'est pas grave, hein, on est habitués depuis le temps !».
Madame Arosteguy se reprend : «Il était très sympathique votre projet ! Simplement, il ne permettait pas de financer la rénovation des infrastructures sportives. Alors si on veut faire et qu'on n'a pas les moyens en vendant les terrains, qu'est-ce qu'on fait ?! (ici un ricanement déplacé) On augmente l'impôt ! C'est ce que vous ferez ! 20%, 30%, 40%.. !».
On se demande comment ont donc fait les maires d'Anglet et de Bayonne pour faire sortir de terre, durant leur mandat, des infrastructures dont le coût total, pour chacun, a dépassé les 50 millions d'euros... sans qu’ils vendent - eux - des terrains ! Seraient-ils de meilleurs gestionnaires que madame Arosteguy ?
Brice Morin intervient : «Vous avez choisi de tout mettre dans l'Hôtel du Palais, madame Arosteguy ! Donc forcément...».
Lysiann Brao ne lâche rien : «Du coup, arrêtez de faire pleurer dans les chaumières avec vos personnes isolées, âgées.».
Madame Arosteguy réplique : «Excusez-moi madame, c'est la réalité des Biarrots !», puis elle bafouille, n'arrive pas à se contrôler et semble bien peu maîtriser le sujet.
Lysiann Brao la pousse dans ses retranchements : «Et bien, logez-les tous ! Vous avez les moyens d'en loger deux fois plus ! Faites-le !».
Madame Arosteguy : «C'est quand même incroyable cette froideur et ce cynisme...».
Lysiann Brao : «Ce n'est pas de la froideur ! Nous on est là pour loger toutes les personnes qui en ont besoin ! Et vous ne le faites pas ! Et vous êtes en train de nous dire que vous le faites ! Non mais on est dans un asile de fous ici !».
Quand on écoute la Majorité municipale, on peut aisément se poser la question !
Brice Morin conclut : «On a plus de 2 millions de surtaxe de la résidence secondaire que l'on aurait dû flécher sur ce projet Aguilera...».
Oui, nous l'avons rappelé plus haut... c’est encore une des fameuses promesses de campagne de madame Arosteguy partie dans les flots de ses successifs renoncements...
Cette mise en scène à laquelle s'adonnent madame Arosteguy et sa troupe d'élus-suiveurs ne trompe, en vérité, personne. Car ce qui ressemble davantage à une mauvaise série avec de piètres acteurs qui gesticulent, et en arrière-plan une musique pleureuse, s'oppose à la vacuité du mandat :
-où AUCUNE décision novatrice ne fut prise pour trouver du logement dans du bâti préexistant,
-où les opportunités foncières mises sur le marché n'ont PAS fait l'objet de préemption municipale,
-où AUCUN lobbying n'a été engagé auprès des amis de son Parti qui siègent à l'Assemblée Nationale et au Sénat pour accompagner et sécuriser les propriétaires de biens immobiliers afin d'encourager la location à l'année,
-et enfin ne pas permettre de libérer davantage de logements sociaux - attribuables par la Ville ! - sur la plaine Aguilera, préférant favoriser les transactions d'un promoteur immobilier.
À l’aune de ces faits têtus et concrets, l’affabulation et l’auto-illusion sont bien dérisoires.
