«LE VIDE SIDERAL» OU À QUAND L'OUVERTURE DE LA CHASSE ?
À cette date, nous comptabilisons sur Biarritz cinq candidats déclarés. Parmi ces cinq, seule une candidate est aujourd'hui sur le terrain, et cela depuis de longs mois et même des années. Vous l'avez reconnue, il s'agit bien évidemment de madame Arosteguy.
Dimanche 12 octobre : invitée au 19/20 Aquitaine sur France 3, dans une rubrique intitulée «l'invitée du dimanche», madame Arosteguy a - en visio - été interrogée sur la politique nationale par le journaliste.
Cette interview, longue de cinq minutes, a été clôturée par cette question : «Vous vous représentez à la mairie de Biarritz, vous avez beaucoup de monde, beaucoup de concurrents du RN au centre-droit, notamment Richard Tardits, votre ancien adjoint, et la rumeur insistante de Serge Blanco notamment. Pourquoi tant de monde sur la ligne de départ ?».
Madame Arosteguy lui répond : «Je pense que c'est une tradition biarrote, euh dans lequel (sic) Biarritz donne des envies de gouvernance. Après je suis heureuse que vous m'annonciez ces candidatures possibles, parce que sur le terrain je me trouve très seule, euh... Il y a beaucoup d'agitation pendant les conseils municipaux, euh... et ça vole assez bas, mais en tous cas en termes de projets, en termes de présence sur le terrain, en termes de propositions, il n'y a rien. C'est le vide sidéral. Donc, moi je serais très heureuse de pouvoir débattre avec des candidats, mais en tous cas pour l'instant non.».
Décortiquons un instant cette réponse :
1) Tout d'abord, l'utilisation des pronoms relatifs composés - lequel, laquelle, lesquels, duquel, desquels, auquel, etc - est un sujet avec madame Arosteguy. Que ce soit dans cette interview, au cours des conseils municipaux, ou lorsqu'il lui est nécessaire de prendre la parole en public, la bonne maîtrise du français n'y est pas, à répétition. C'est embarrassant pour notre ville que des fautes, si élémentaires, soient commises par son Premier magistrat. Définitivement, ces pronoms relatifs composés s'accordent en genre et en nombre. Qu'on se le dise.
2) Madame Arosteguy joue l'heureuse surprise que lui soient annoncées les candidatures possibles de ces Biarrots. Mais pourquoi donc jouer à l'ingénue, puisqu'elle en a parlé avec ces candidats putatifs en tentant même de les en dissuader ? Quant au journaliste, pourquoi citer les patronymes de ces deux personnes qui n'ont pas officiellement fait acte de candidature et dont nous ne saurions donc présumer de leurs véritables volontés ? Alors même que messieurs Dussaussois Larralde, Fournier, Barucq et le groupe Biarritz Berri sont eux candidats déclarés au plein jour et ne sont curieusement pas nominativement cités ?
3) Madame Arosteguy clame que «ça vole bas» en conseils municipaux : ça vole tellement bas que si des élus d'opposition n'avaient indiqué avec force l'illégalité de faire un huis clos pendant la séance, sans l'avoir fait préalablement passer passer au vote, tout ça se serait déroulé avec le plus grand des amateurismes.
4) Madame Arosteguy affirme qu'«en termes de projets, en termes de présence sur le terrain, en termes de propositions, il n'y a rien». C'est dommage qu'elle ne veuille écouter les élus d'opposition, les candidats et la population biarrote : peut-être pourrait-elle même s'en inspirer pour y récupérer des idées. Car projets, présence et propositions il y a bien eu au cours de ce mandat mais... nous n'en sommes plus à cette approximation près de la part de madame Arosteguy.
5) Madame Arosteguy parle de «vide sidéral» de la part de ses concurrents aux Municipales. Elle pourrait surtout désigner ainsi le bilan de son mandat. C'est bien ce que font les Biarrots.
6) Puis venons-en à sa conclusion selon laquelle elle serait «très heureuse de pouvoir débattre avec des candidats». On verra bien, mais il est peu probable qu'elle appréciera d'être sous le feu croisé de ces candidats qui, à les écouter, sont très remontés contre sa gouvernance et son mandat.
À vrai dire, les Biarrots savent le peu de goût de madame Arosteguy pour le débat démocratique : les conseils municipaux en témoignent.
Pour revenir au point 5 : quant aux candidats déclarés et ceux qui le sont sans l'être, il est intéressant de noter que madame Arosteguy perçoit leur peu de présence dans le champ médiatique comme un «vide sidéral».
Certes, mais ces candidats ne bénéficient pas, eux, des supports municipaux - Biarritz Magazine, prospectus et livrets en tous genres, réseaux sociaux de la Ville et une dizaine d'employés municipaux au service de la communication. Ils ne bénéficient pas non plus d'une certaine presse à disposition qui est là, disponible pour communiquer sur chaque fait et geste, mêmes les plus insignifiants. Néanmoins, et nonobstant ce qui précède, qui ignore encore, à part madame Arosteguy semble-t-il, les recours déposés par les candidats Dussaussois Larralde et Guillaume Barucq auprès de la préfecture - ce dernier ayant aussi fait une requête devant le Tribunal Administratif ?
Le «vide sidéral» ne se nicherait-il pas plutôt dans l'argumentaire de la maire ?
Pour autant, en tant que futur électeur biarrot, on pourrait regretter le peu de visibilité des candidats, sur leurs réseaux sociaux personnels, sur le terrain à la rencontre des habitants, et dans des réunions d'information. Pas grand chose se passe... Pourtant, une candidature se construit assidûment dès le mi-mandat, si tant est que l'on veuille remporter la timbale.
Alors, on le sait, ces candidats nous assurent tous qu'ils et/ou leurs groupes «travaillent au projet», qu'ils se réunissent «en groupes de travail», qu'ils sont en train de «monter un programme», qu'ils «consultent auprès des habitants» (lesquels ?!), que l'échéance électorale «est encore loin», et ainsi de suite...
Alors, tout s'entend. Et ces arguments sont peut-être valables. MAIS ils doivent tenir compte qu'en face d'eux madame Arosteguy dispose, elle, de tout un arsenal à son service pour faire campagne, sans que cela soit forcément comptabilisé comme tel. Et elle ne s'en prive d'ailleurs pas.
Les moyens à disposition de la maire partante sont énormes : l'appareil municipal, la Presse, mais aussi le Parti - en l'occurrence «Les Républicains» - qui renfloue leurs maires sortants en stratégie, en éléments de langage et en dossiers pour les aider dans leur candidature.
Il en est de même avec l'AMF (Association des Maires de France) qui sert d'appui important pour accompagner les maires dans leurs questionnements.
En réalité, ce que semble déplorer madame Arosteguy, c'est l'absence de cibles. Ces candidats sont pour elle des cibles sur lesquelles elle pourra - avec l'appui de sa meute - décocher des flèches. Des flèches empoisonnées que ces candidats devront esquiver, car rien ne leur sera épargné.
Du programme de madame Arosteguy pour les Municipales de 2026, nous avons déjà le mot d'ordre donné à ses troupes : «Vous faites comme d'habitude, vous promettez tout et moi, je ne donne rien !». Louis de Funès va demander des droits d'auteur...
