PRÉOCCUPATION DE LA MAIRE SORTANTE POUR LE LOGEMENT SOCIAL : RÉALITÉ OU MENSONGE ?

Pour clôturer le conseil municipal du 7 juillet dernier qui restera sans doute dans les annales de la vie municipale biarrote par son caractère incongru, tant sur le fond que sur la forme, madame Arosteguy a déclaré que le projet immobilier d’Aguilera «va nous permettre d'apporter une respiration, nous l'espérons, aux Biarrots qui ne peuvent pas se loger».

À la suite du conseil municipal houleux de lundi dernier, et des divers recours déposés contre le projet d'urbanisation de la municipalité à la place de l'existant complexe sportif d'Aguilera, madame Arosteguy - visiblement très amère de ne pouvoir mettre immédiatement à exécution son funeste dessein - a déclaré au micro du journaliste : «Les mal-logés continueront à l'être et pourront remercier chaleureusement leurs représentants de l'Opposition.» (sic).

Voilà bien là l’art d’abuser l’opinion car de ces logements sociaux d'Aguilera seule une portion congrue pourra être occupée par des Biarrots, 80% étant rendus disponibles sur le plan national, donc à des non-Biarrots, inversement à ce qu'ose affirmer l'adjointe à l'Urbanisme Maud Cascino.

Pourtant, concernant ces futurs appartements sociaux d'Aguilera, la maire sortante persistait à travestir la réalité dans un post du 20 août dernier sur sa page Facebook personnelle, en écrivant qu'ils seront : «Une solution tangible pour les 1.300 Biarrots en attente de logement», quand il s’agit plus exactement de 1.300 dossiers, et que seulement 30 logements seront affectés à des Biarrots, soit 2,3 % de la demande !

Dans ces circonstances, comment peut-on oser parler de «solution tangible» ?

Parmi les candidats qui postulent à Biarritz au logement social, se trouvent des enfants de Biarrots - les Biarrots étant par définition déjà logés ! -, mais pas seulement ; des personnes désireuses d’habiter ici remplissent aussi leur dossier. En outre, selon la composition familiale des uns et des autres, diverses surfaces habitables sont sollicitées.

De sorte que si la maire sortante était aussi transparente qu’elle le dit dans la présentation des faits, elle nous aurait fourni un tableau synoptique et chiffré qui décrirait clairement la situation de la pénurie en logement social, en distinguant les classifications (T1, T2, T3,...) et le profil des ménages des différents demandeurs. Au lieu de cela, comme pour tout le reste, c’est le flou, l’opacité, ou le black-out.

La majorité municipale juge-t-elle sans doute point pertinent d’informer les Biarrots afin de pouvoir mieux les berner ensuite ?

Madame Arosteguy est quant à elle mieux à l’aise en lançant à l’encan des propos d’une supercherie hallucinante, tels ceux cités plus haut. Cette tromperie manifeste a été servie pour tenter de contrecarrer quelques esprits éclairés hostiles au méga projet immobilier confié à la société Aldim/Alday sur le plateau sportif d'Aguilera et convaincre que l’idée de ce nouveau quartier n’était entachée d’aucune arrière-pensée, sinon le souci de procurer du logement aux Biarrots.

Ceux qui y verraient des motivations moins nobles et moins avouables ne seraient - pour quelques élus et laudateurs de l'équipe de la majorité municipale - que des haineux, des jaloux, et des incapables, autant de qualités qui expliqueraient - toujours selon eux - leur vive opposition à la bétonnisation de ce sanctuaire, quand bien même se traduirait-elle par la création de ce nouveau quartier... et de nouveaux logements.

En effet, la confiscation de la plaine Aguilera au prétexte d'y créer du logement n'emporte pas l’adhésion de la plupart des Biarrots. Et, vous le savez, de Sauvegarder Biarritz non plus.

Pourquoi ? D'une part, parce que nonobstant un manque avéré de logements sociaux à Biarritz, cette réalisation ne représente qu’une goutte d’eau pour le motif développé plus haut et d'autre part parce que la plaine Aguilera se doit de rester à vocation sportive. Alors et surtout que la maire actuelle et sa majorité municipale ont tout simplement ignoré jusqu'alors - en réponse à ce besoin - toutes les autres opportunités qui se sont présentées durant tout leur mandat :


1-Cela a démarré en fanfare, quand la fraîchement élue Arosteguy décide d'avorter le projet de logements sociaux prévu par son prédécesseur Michel Veunac, sur un terrain situé derrière l'Impasse Grammont. Elle rachète ainsi pour la somme de 1.539.000€ ce terrain au C.O.L. et crée, à la place, un jardin potager partagé ! Une drôle de réponse de madame Arosteguy - et non de l’Opposition - aux «mal-logés» !


 2-Une maison - propriété de la ville et sise au bout de l'Impasse Grammont - et qui dans le projet de l'ancien maire Michel Veunac devait être rasée pour permettre l'accès aux futurs logements sociaux mentionnés ci-dessus, a été vendue en 2021 par la municipalité de madame Arosteguy par le biais d'un «Avis d'appel public à candidatures pour la cession d'une propriété».

Ayant abandonné le projet de logements sociaux élaboré par l'ancien édile au profit d'un parc à salades, elle aurait pu envisager un autre projet social à la place de cette maison ; eh bien non !

Une autre drôle de réponse de madame Arosteguy - et non de l’Opposition - aux «mal-logés» !

3-Dans sa logique de détricoter tout ce que la mandature précédente avait fait ou amorcé, pourquoi madame Arosteguy n'a-t-elle pas aussi renoncé à la vente de la Villa Sion engagée par le maire Michel Veunac, afin d'y aménager du logement social ? Propriété de la ville, cette opération aurait permis de loger des jeunes biarrots, dans des petites surfaces.

Encore une drôle de réponse de madame Arosteguy - et non de l’Opposition - aux «mal-logés» !

4-L'Auberge de Jeunesse, propriété municipale, fut elle aussi vendue par madame Arosteguy à une société dont la réputation contestée fit l'objet d'un reportage par la journaliste Élise Lucet.

Ce bâtiment de plus de 2.000 mètres carrés sur un terrain de 6.500 mètres carrés aurait dû être conservé par la ville pour y faire un beau projet de logement social et non pas seulement 50 logements - réservés aux 18 à 30 ans jeunes travailleurs, étudiants, et saisonniers - aux tarifs dits «sociaux» suivants :

-Studio 492 euros/mois

-T2 560 euros/mois

-Chambre en colocation 315 euros/mois hors charges 

Toujours une drôle de réponse de madame Arosteguy - et non de l’Opposition - aux «mal-logés» !

5-Madame Arosteguy s'est également dessaisie du quartier Iraty au profit de la communauté d'agglomération, se privant par conséquent d'y envisager tout programme de logement social.

Quid ici encore des «mal-logés» ?

6-La scandaleuse vente de la Villa Fal aurait pu l’être au profit du projet qui prévoyait du logement encaissé prévu pour loger des danseurs en hiver et des saisonniers l’été.

Madame Arosteguy l’a rejeté afin de ne pas s’adonner à de la «bétonnisation» ! Mais à Aguilera, oui ?

La cession inouïe de ce bien d'intérêt historique et patrimonial à un loueur de bureaux en coworking aurait pu s'assortir d'un projet de logements sociaux sur le terrain attenant, qui se trouve en contrebas du parc cernant la villa. Au lieu de cela, aucune initiative de la part de madame Arosteguy !

7-Les locaux de la police municipale situés rue Jaulerry, derrière la Poste, auraient dû - à défaut d'être attribués aux séniors de l'Âge d'Or, scandaleusement chassés de la rue Joseph Petit - être réservés à du logement social sénior. Madame Arosteguy a préféré brader ces espaces à un groupe médical qui a déserté Bayonne pour venir à Biarritz. Évidemment, il ne leur fallait pas rater cette aubaine.

Interpellée sur cette cession inopportune et à vil prix, madame Arosteguy a prétendu une opposition à la venue de logements sociaux de la part des résidents qui occupent une partie de l’immeuble. Cette allégation sera vivement contestée par ces derniers.

Voilà encore une preuve de son mépris pour les «mal-logés».

8-Les Biarrots que nous sommes ont pu constater, au fil des mois et des cinq années passées, de nombreuses opportunités foncières que la ville aurait pu et dû préempter afin d'y créer du logement social. Des promoteurs privés ont su, eux, s'en porter acquéreur, quand notre ville ne s'y est pas intéressée (Promotions en face de la Tantina de Burgos, en haut de l'avenue de Verdun proche du rond-point de l'Europe, etc...). 

Il est à préciser  qu'en conservant la maîtrise d'ouvrage, une ville détient à 100% le contrôle des attributions des logements. Cela signifie que ce sont des Biarrots, des enfants de familles biarrotes qui peuvent préférentiellement en être les bénéficiaires et non pas des personnes issues de différentes régions de France.

À l'inverse, lorsqu'elle délègue le projet de logement social à un bailleur social, seulement 20 % des logements sont confiés à la ville.

Le discours de la maire sortante, quant à son prétendu souci de créer du logement social pour tenter de faire accepter son projet Aguilera, est donc en décalage et en totale incohérence avec le bilan de son mandat.

Quant aux autres appartements prévus d’être vendus au prix du marché à «Aguilera Herria» (appellation plus qu’inspirée par celle d’«Aguilera Berria», proposée pour un autre projet par EHVS des élus d’opposition Lysiane Brao et Brice Morin), les agences immobilières biarrotes disposent amplement de biens... cherchant toujours preneurs.

Non, les Biarrots ne sont pas des «nigauds» : pas besoin d'une bétonnisation d'Aguilera au sacrifice d'un sanctuaire multisports plus que centenaire.

Sinon, Biarritz n'est pas une île déserte mais fait bien partie d'une agglomération. Certains ont d'ailleurs choisi le coquet village d'Arcangues pour y vivre ; n'est-ce pas madame la maire ?

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