POUR QUI SONNE LE GLAS

Nous avons assisté, en cette fin de journée du 15 septembre 2025, à ce qui marque certainement une rupture définitive entre la population biarrote et madame Arosteguy.

-Un divorce rendu inéluctable après nombre de décisions et d'actions contrevenant à l'esprit de Biarritz et de son Histoire, mais consommé par ce que la municipalité Arosteguy appelle perfidement le «Projet d'aménagement Aguilera» mais qui, en réalité, fait sentence de la disparition pure et simple de la plaine omnisports biarrote.

-Une irréversibilité après tout ce que les Biarrots ont subi : mépris envers les seniors, absence de Culture pour tous, solidarité oubliée envers les plus faibles, dénigrement du Handicap, dilapidation bradée du patrimoine communal pour des intérêts non-élucidés, transgression des règles de nos Institutions, enlaidissement urbain et abandon de la voirie. Cette liste à la Prévert est tellement incomplète.

La bétonnisation du plateau Aguilera - venant scandaleusement bafouer sa vocation sportive - portait les germes d'une cristallisation d'un ras-le-bol éprouvé par le peuple biarrot après un mandat qui restera dans les annales par sa médiocrité et c'est ce qu'il est venu exprimer directement à l'édile.


Cette exaspération avait déjà donné lieu à plusieurs manifestations : des supporters du BOPB venus protester en Conseil municipal au Bellevue en 2021, d'immenses banderoles et tifos à la Grande-Plage et en façade de la mairie en 2022, notre Police Municipale sur le parvis de l'Hôtel de Ville début 2025, et maintenant 150 Biarrots - le journal Sud-Ouest a «mal» compté. Pourquoi ? - présents pour faire savoir leur vif dépit.

Il est important de relever que madame Arosteguy est le premier maire de Biarritz à subir un tel rejet de toutes les strates de notre ville.


Car qui s'était déplacé pour témoigner son désaccord ? Des personnes issues de tous les rangs - qu'elles soient de gauche, du centre, de droite, des partis basques ou tout simplement apolitiques. Des Biarrots de tous les quartiers, des Biarrots de toutes les bourses, des Biarrots de toutes les origines, des Biarrots de tous âges. Tous alignés pour dresser le même constat.


 

Notons que les plus mécontents et acharnés sont ceux qui ont voté pour madame Arosteguy et ses suiveurs et dont la confiance a, nous disent-ils, été «trahie par des positionnements, l'absence d'éthique, des décisions et des tournants qui ne faisaient pas partie de son programme».

Les Biarrots de son camp ont déjoué leurs mensonges et leur recours à la mystification des faits et dénoncent, à présent, cette forfaiture.

Parlons-en de la campagne de 2020 de madame Arosteguy : elle a été saupoudrée de poudre de perlimpinpin qui a berné nombre de Biarrots sur ses vraies intentions et sur ses capacités à faire.

Parlons de sa liste : essuyant beaucoup de refus de citoyens lucides, elle a été composée de bric et de broc, de personnes qui ne connaissent pas l'histoire de cette ville, n'ont pas d'attachement pour notre patrimoine, ne connaissent pas le terrain ni ses besoins, des personnes parfois débarquées à Biarritz à peine deux ans auparavant et qui ont l’outrecuidance de décider pour nous tous.

Pourquoi faire un sondage - qui coûte 19.000€ aux contribuables biarrots - pour connaître l'avis des habitants sur le mandat, si c'est pour claquer la porte au nez de ceux-ci lors d'un conseil municipal ? À moins que ce soit pour abuser encore et toujours les électeurs ? Car en ayant identifié les griefs des Biarrots contre leur maire/candidate, les services de com' auront maintenant la charge - par des artifices de communication - d'établir un programme qui en tienne compte, pour tenter de les abuser à nouveau.

Face aux nombreux mécontents venus pacifiquement manifester, madame Arosteguy a opposé sa morgue, et sa Majorité municipale son mépris, la belle formule de «démocratie participative» n'étant qu'un slogan publicitaire cherchant à cacher leur arrogant refus du dialogue.

Nous vient alors à l'esprit l'affirmation de Nicolas Sarkozy : «Quelle indignité».

Quand une salle entière ricane à l'énième absence du conseiller municipal Louis Bodin, quand une salle entière ironise sur l'élocution et les propos de l'adjointe à l'Urbanisme Cascino, quand une salle entière brocarde une maire méprisante, c'est que la rupture est actée.

Pendant tout ce mandat madame Arosteguy aura craché sur les volontés des Biarrots, mais elle ne supporte pas leurs postillons. 

Drapée dans ses certitudes, elle poursuit la destruction de la Ville qu'elle était censée protéger, et fonce tel un train en marche. Un train que l'on croyait inarrêtable mais qui lundi a déraillé.

Face aux hurlements et aux huées, face aux «DÉMISSION !» et aux «KANPORA !» («dégage» en euskara) scandés, pas de rapprochement physique de madame Arosteguy auprès des protestataires, pas d'échange entamé, pas d'écoute, pas de proximité. Elle a préféré échapper à la plèbe et s'enfermer dans son bureau devenu une tour d'ivoire, jusqu'à ce que son chef de cabinet Bertrand Lavielle - tournant et virant telle une mouche perdue - donne l'ordre aux élus de la Majorité de se lever et de quitter la salle du conseil pour se réfugier loin de la populace.

Aucun de ces derniers n'aura cherché à venir parler aux citoyens biarrots : les électeurs sauront s'en souvenir. Quant aux élus Fabrice-Sébastien Bach, Stéphanie Gravé, Géraldine Verget et Louis Bodin, nous avons la faiblesse de penser que leurs absences étaient opportunes, courage fuyons.

Enfermée dans une posture et à la voix marquée par la peur, madame Arosteguy a une fois encore eu recours à une curieuse référence - celle de dire : «On évacue la salle. Ce n'est pas un cabaret ici !».

Après avoir mentionné la vulgaire Zaza Napoli de «La Cage aux Folles» lors du conseil municipal de décembre 2023, aujourd'hui c'est le «cabaret»... On sent une attirance pour les talons aiguilles, le boa à plumes et le rouge vif.

Du côté de Sauvegarder Biarritz, on pourrait suggérer à madame la maire le terme de «cirque» pour qualifier le spectacle donné par l'assemblée : le maître de piste, le jongleur, l'acrobate, le trapéziste, le dompteur, le magicien, le dresseur d'animaux, le clown, le voltigeur, l'équilibriste, le contorsionniste, sans oublier l'incontournable Monsieur Loyal qui apparaît toujours quand la situation le demande. Ils sont tous là.

Ainsi, une réplique du mythique film «La Cuisine au Beurre» - qui a enchanté des générations de cinéphiles - nous met sur la voie quand la mère de Cricri avertit notre bon Fernandel : «Votre numéro d'hier soir, vous pouvez le garder pour le cirque Pinder». Ce numéro offert par la Majorité municipale était digne des meilleurs circassiens, les Bouglione ou les Gruss n'auraient pas mieux.

Le tout devant une police - nationale et municipale -, de malheureux fonctionnaires réquisitionnés par une maire apeurée et qui ont bien d'autres missions à assurer que celle d'expulser de braves gens qui ont pour seul tort d'aimer leur ville et de ne pas vouloir voir détruire Aguilera.

Venue en force, tant en uniforme qu'en civil, à l'extérieur du bâtiment, dans le grand escalier de la mairie et côté public dans la salle du Conseil, les représentants de l'ordre n'auront évidemment pas eu à faire usage de leur force, face à des Biarrots respectueux qui n'étaient pas venus pour créer du désordre ni de la violence.

Alors qu'une fraction du public partira suite aux ordres comminatoires du Premier Magistrat assénés à la Police, le commissaire de police a dû venir en personne dégager un dernier lot de récalcitrants - des irréductibles Gaulois - conscients que le règlement n'était pas respecté et que le public n'avait pas être évacué. Nous reviendrons, dans les jours à venir, sur ce sujet.

En certain moments graves, la mièvrerie n'est plus de mise et une action forte doit se faire entendre : c'est ainsi qu'alors que la Police évacuait - un peu gênée - la salle, l'élu d'opposition Patrick Destizon s'est levé de son siège et a pointé du doigt madame Arosteguy en criant à maintes reprises «Vous n'avez pas le droit !». Ne rencontrant que dédain face à lui, il n'a pu faire entendre raison ni à la Majorité, ni aux administratifs plus prompts à obéir à leur patron qu'à faire respecter la Loi. En écoutant l'élu Destizon, madame Arosteguy se serait évitée cette désastreuse issue qui enfreint la Loi, Loi qu'elle-même, ses élus, ses DGS, directeur de cabinet, chef de cabinet et DGA ignorent, après plus de cinq ans de mandat ! Saluons ici cette saine réaction de Patrick Destizon, proportionnelle à une évidente indignation et à une frustration de l'Opposition.

Voilà l'ambiance crépusculaire de ce conseil municipal biarrot.

En six ans, l'autoritariste Arosteguy aura fait des ravages dans cette ville, menant une politique de la terre brûlée et déclarant la guerre à ses administrés de manière incompréhensible.

En ce 15 septembre 2025, madame Arosteguy nous confirme qu'«il n’y a pas loin du Capitole à la roche tarpéienne» : après son «Sacre du Printemps» de 2020, voici venu le «Chant du Cygne» de 2025.

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