PLUi : QUE CACHE CE NOUVEAU DOCUMENT ? (Partie 2/2)

Ce texte fait suite à celui d'hier dans lequel nous développions sur certains points ayant trait au Plan Local d’Urbanisme Infracommunautaire Côte Basque-Adour, plus communément appelé PLUi.

Si vous n'avez pas consulté notre post d'hier, nous vous conseillons de le lire avant d'entamer celui-ci.

Après les interventions de Patrick Destizon, Guillaume Barucq et Jean-Baptiste Dussaussois Larralde, poursuivons aujourd'hui avec Richard Tardits, Corine Martineau, Sébastien Carrère et Brice Morin.

L'ancien adjoint au Tourisme Richard Tardits se pose en «vrai» Biarrot et donne sa vision de sa ville : «Je trouve que ce PLUi impose de manière unilatérale des idées sur un avenir - cinq ans, disons 15 ans - sans se soucier et sans prendre en compte surtout de ce que Biarritz représente dans ce Sud-Ouest et dans cette intercommunalité. Monsieur Jakes Abeberry, de longues années, je l'ai vu dans les conseils municipaux, a toujours crié - vent debout - on est la ville la plus dense de la côte basque ! On est une des villes les plus denses immobilièrement de France ! Arrêtons ! Arrêtons ! Si on veut garder aujourd'hui et être un peu la destination que les gens recherchent quand ils viennent à Biarritz, il faut arrêter de vouloir densifier de manière immobilière notre ville. Nous représentons quelque chose et il faut se battre pour représenter, pour défendre ce qu'est Biarritz aujourd'hui.».

Il poursuit : «Cette Loi SRU nous est appliquée de manière uniforme, comme les autres, alors qu'on sait très bien que l'on ne peut plus construire chez nous. Ce n'est pas que l'on ne veuille pas, c'est que l'on ne puisse pas, à moins de monter 10, 12 étages pour pouvoir monter ce ratio de la Loi SRU qui est ridicule. Je crois que j'avais lu quelque part que si on faisait 1.000 logements pendant 10 ans, on arriverait même pas à 15%. Donc arrêtons de nous taper la tête contre les murs.». Il vote contre.

On peut toujours compter sur la combativité de Corine Martineau pour défendre Biarritz et ses habitants. L'élue a entamé son intervention en relevant une véritable contradiction dans ce qui est exigé sur le plan national et ce qui est préconisé dans ce document : «Au moment où l'on parle de désimperméabilisation des sols, on construit encore plus. Moi, je ne comprends pas. On ne peut pas avoir un double langage. À un moment donné, il faut accepter que l'on ne peut pas construire comme ça tout le temps et qu'il faut chercher d'autres solutions. Je l'ai déjà proposé plusieurs fois en conseil municipal.».

Madame Martineau revient sur le choix de la Majorité municipale de dilapider le patrimoine biarrot : «Je m'abstiendrai sur ce vote parce qu'il est hors de question pour moi de bétonner le secteur Aguilera, ensuite parce que le scandale de la Villa Fal, parce que je dois dire que c'est un scandale de vendre 2 millions d'euros 1.600m2 et 10.000m2 de terrain. Pour moi c'est scandaleux, pour y faire des bureaux, ça n'a strictement aucun intérêt. Et je n'ai pas envie que demain, si la personne qui a récupéré les lieux ne peut plus, - je ne lui souhaite pas - fait faillite ou autre chose, que l'on refasse encore des bureaux. Je préférerais que ce bâtiment soit plutôt tourné vers quelque chose d'artistique, de culturel, et le cantonner à des bureaux, ça ne me convient pas.». Elle vote contre.

Le micro revient enfin à l'adjointe qui se doit de trouver une réplique aux préoccupations exprimées par l'opposition. Une réponse bafouillée de madame Cascino qui donne naissance à un fou rire du public. Ayant retrouvé ses esprits, elle expose son point de vue : «Vous nous dites d'une manière générale, il faut arrêter de densifier, arrêter de densifier, arrêter de construire, arrêter de bétonner... Oui Biarritz est la plus forte densité du département, mais Biarritz est une ville qui attire, donc il nous faut du logement... ne serait-ce que pour loger les Biarrots.». Cette phrase va susciter la colère du public qui scandera «DÉMISSION» et «KANPORA» («DÉGAGE» en euskara) avant d'être scandaleusemeny évacué sur la seule décision de madame Arosteguy.

Après une suspension de séance qui aura duré dix-huit minutes, le conseil reprend avec les interventions des élus d'opposition qui n'avaient pas encore eu la parole.

L'élu Sébastien Carrère a fait partie de la commission ayant élaboré le contenu du PLUi et donne son avis : «Mes collègues ont parlé du fait d'arrêter de bétonniser, la question du logement et là je rejoins mon collègue Richard Tardits sur le fait que le motif du logement ne suffit pas parce qu'on voit bien que quels que soient les efforts c'est quelque chose qu'on n'atteindra jamais. (…) En fait, pour résumer ça, il y a une idée qui s'appelle la capacité d'accueil et je l'avais dit ici lors du débat sur le PADD. (…) C'est compliqué, mais c'est central. Et c'est la capacité d'accueil pour les logements, pour les nouveaux habitants, pour le Tourisme et je trouve que c'est ce qui manque dans ce document comme dans bien d'autres en réalité.».

Saluant l'esprit collégial qui a animé la commission et qui selon lui a permis un travail d'équipe efficace, il déclare : «Je regrette que cette méthode n'ait pas été appliquée pour le projet Aguilera. C'est-à-dire un certain nombre de réunions techniques avec les membres de l'opposition, ceux qui veulent venir. Et puis après évidemment les débats, mais ça n'a pas été fait et le dernier comité de pilotage, nous n'avons pas été conviés. Je le regrette.» Il vote pour.

L'élu Brice Morin relève un point qui n'a pas été évoqué par ses collègues de l'opposition : «Je voudrais revenir sur la servitude de résidence principale. Il est noté, à priori, qu'elle ne concernera que les quartiers résidentiels du littoral biarrot, alors qu'avec 40% de résidences secondaires, il serait normal et même obligatoire, que ça s'applique à tous les quartiers de Biarritz. On l'avait déjà dit mais ce n'est pas le cas. Donc, encore une fois, sur le quartier Aguilera, on aura 10% de logements qui partiront en résidences secondaires.».

Il est vrai que le problème de la résidence secondaire s'est étendu sur toute la ville, du petit studio à la grande villa, et mérite une réponse adaptée des autorités. L'application de la Loi Le Meur-Echaniz est bien évidemment nécessaire sur toute la surface de la ville de Biarritz.

Pour mieux comparer et mieux voter, monsieur Morin a besoin d'éléments factuels : «Ensuite, les deux questions sur les zones urbaines ou à urbaniser sur le PLU en vigueur : j'aimerais connaître la surface exacte ainsi que la surface totale constructible sur le PLUI par rapport au PLU ?».

L'adjointe à l'Urbanisme madame Cascino lui répond : «Oui monsieur Morin, je ne vais pas vous mentir. La surface entre le PLU et le PLUI, je ne vais pas vous la donner maintenant mais je vous la communiquerai...». Réplique étonnante à une question qui paraît pourtant essentielle, mais dont monsieur Morin devra se passer de réponse. Il vote contre.

Pour résumer, ce PLUi sera à réformer pour correspondre davantage aux nécessités du terrain, aux besoins de la commune et aux volontés de ses habitants. Encore un travail supplémentaire à effectuer pour le/la maire qui remportera les suffrages des Biarrots en mars prochain.

Posts les plus consultés de ce blog

JEAN-BAPTISTE DUSSAUSSOIS-LARRALDE : UN HOMME NEUF, CANDIDAT À LA MAIRIE DE BIARRITZ

MACHINATIONS ET TRUQUERIES À BIARRITZ TOURISME : RÉVÉLATIONS SURPRENANTES

ANA EZCURRA ET BIARRITZ BERRI : L'AVENTURE AUDACIEUSE D'UNE LISTE CITOYENNE