BIARRITZ CANICULAIRE !
Devant cet épisode caniculaire qui vient de s'abattre sur notre Pays Basque, nous essayons tous de nous adapter, dans nos activités professionnelles, sportives et ludiques.
Mais une partie de la population, que l'on définit comme des «personnes à risques», vit très difficilement ces épisodes de chaleur : personnes âgées, nourrissons et enfants, sans-abri, femmes enceintes, travailleurs en extérieur ou personnes comportant des pathologies particulières, ne sont que quelques exemples. Oui, l'été il fait chaud et l'eau ça mouille, mais ces évidences ne doivent pas nous faire oublier que nous ne sommes pas tous égaux pour affronter la chaleur.
Même si la climatisation est parfois contestée car elle participe à réchauffer l'atmosphère à l'extérieur, elle reste le seul moyen pour venir au secours de ces personnes et éviter de renouveler la catastrophique gestion de 2003 où l'on a comptabilisé des milliers de morts, tant en France qu'en Europe...
Ces épisodes se reproduisent annuellement et parfois même plusieurs fois pendant la saison estivale : nous devons donc mettre en place de nouvelles manières d'envisager la ville pour que tous ses habitants trouvent du répit dans cette fournaise.
Cela passe par une végétalisation massive de l'espace public qui consiste, non pas à planter un arbrisseau dans un pot, mais bien des arbres en pleine terre. Ces arbres aux vertus rafraîchissantes ont des pouvoirs magiques pour assurer une baisse de température dans la ville mais aussi, quand ils sont plantés en bordure de trottoir, offrir une ombre naturelle aux promeneurs. La création d'îlots de fraîcheur disséminés partout où se trouvent des espaces libres sur le domaine public, ainsi que l'installation de brumisateurs publics dans des points stratégiques, ou encore le déploiement d'ombrières sur les bancs pendant la saison estivale, sont quelques leviers simples d'action.
Nous le savons, notre pays n'a toujours pas installé, de manière systématique, de climatisation en des lieux où la bonne santé de ceux qui les fréquentent est primordiale : hôpitaux, EHPAD et écoles. Ces trois sites regroupent pourtant ceux que notre société a le devoir de protéger et d'accompagner.
Il revient donc aux maires d'ouvrir sans tarder une réflexion afin d'apporter, dans la mesure de leurs possibilités, une ou des solutions. Dans notre ville de 24.000 habitants - où les seniors constituent 45% de la population - la nécessité de déclencher un véritable «plan canicule» municipal devient une obligation morale, quand ce n'est vitale.
D'autant plus, qu'en été, notre population se retrouve quintuplée et que nos visiteurs - aux profils variés - ont eux aussi besoin de répit.
Nous pourrions donc projeter, à Biarritz, un lieu de grande capacité d'accueil - climatisé ! - dont l'ouverture au public pourrait s'étendre sur une large période estivale.
N'est-il pas aberrant que les personnes âgées, souvent isolées et sans famille proche, ne puissent trouver refuge en centre-ville dans un site prêt pour les accueillir dignement ?
Dans le cas où les écoles sont toujours en fonctionnement, l'on peut envisager, après avoir repéré les établissements qui n'ont pas de climatisation, le regroupement exceptionnel des enfants dans des salles climatisées de la ville, telles que celles de l'espace Bellevue, du Casino Municipal ou de la Halle d'Iraty, avec un programme d'activités allégé.
Salle climatisée, eau fraîche à disposition, activités ludiques proposées (jeux de société, musique, conférences improvisées, etc) : tels sont des actes qui coûtent peu mais qui apportent, au-delà du bienfait momentané, une véritable politique en faveur des seniors. Ce qui n'est pas le cas sous cette majorité municipale :
Sauvegarder Biarritz s'est mis dans la peau d'une personne âgée qui suffoque dans son 40m2 et a contacté les services municipaux : après renseignement pris en mairie et auprès du CCAS, les seuls aimables conseils de nos interlocuteurs ont été d'aller se rafraîchir au cinéma ou dans un centre commercial... Nous plaignons d'ailleurs ces agents qui sont en première ligne des doléances des habitants et qui doivent effectuer leur méritant travail dans des conditions qui ressemblent à celles d'un pays sous-développé.
Lors de ces journées de canicule que nous avons traversées, la seule implication de la Ville de Biarritz aura été d'inscrire, sur le site internet de la mairie ainsi que sur ses réseaux sociaux, un copier/coller du «Plan Canicule 2025» de l'État qui conseille de «penser à s'hydrater, prendre des nouvelles de ses proches et consulter régulièrement Météo-France».
Une manière de se dédouaner pour pas cher à l'égard des personnes fragiles et/ou âgées.
Concernant ces dernières, impossible pour elles de se réfugier dans le lieu qui leur est enfin dédié après cinq années de privation - la Maison de l'Âge d'Or - car, incroyable mais vrai, celle-ci est fermée du 7 au 27 août ! Au moment même où nombre de personnes se retrouvent seules car leur descendance s'absente de la ville, cela est invraisemblable. Et cette Majorité municipale ne manquera pas de faire de la com' pour nous dire qu'elle mène une action solidaire envers ses aînés !
La Ville de Biarritz a aussi testé son «dispositif de gestion de crise face à une canicule extrême», c'est-à-dire un «Biarritz à 50° C». Cette simulation - qui sent un peu l'opération de com' quand même - n'est peut-être pas inutile, mais pendant ce temps, trop de Biarrots souffrent réellement de la chaleur et aucune disposition simple, rapide et peu coûteuse n'est mise en place pour améliorer leur situation par ceux-là mêmes qui envisagent du virtuel.
Nous le regrettons sincèrement.
Des scénarios de science-fiction qui anticipent des lendemains catastrophiques ne peuvent nous dispenser de nous acquitter du vrai travail qui est à réaliser face à l'urgence avérée actuelle.
Avec un premier adjoint médecin à la ville, et de surcroît en charge «des solidarités, des personnes âgées, à la politique de Ville-Santé et à la prévention des risques», comment comprendre le peu d'initiatives prises durant ce mandat en réaction à cette préoccupation d'une population vulnérable ?


