NOUVELLES VAGUELETTES

Alors que s'achève la troisième édition du festival de cinéma Nouvelles Vagues, il ne nous apparaît pas inutile de replacer à nouveau le contexte de ce happening, c'est-à-dire ce qu'est devenu le Biarritz d'aujourd'hui :

Une ville sale, plus du tout entretenue sur le plan de la propreté, de la voirie, de nos espaces verts et enlaidie de manière systématique par des panneaux criards et aux interdits comminatoires et des plots en plastique défoncés ou de laides barrières jetées ici et là.

Une ville où la Culture pour tous n'est qu'un lointain souvenir.

C'est ça le Biarritz d'aujourd'hui.

La Gare et l'aéroport débouchent sur des axes forcément empruntés par ces «célébrités» - que personne ne connaît ! - où tout est laideur et kitscherie que la mise en scène de quelques tapis rouges artistiquement déployés par les organisateurs au parvis de la Gare du Midi ne sauront hélas faire oublier.

Et c'est dans ce «décor» - oui, le mot s'adapte mal - que des festivaliers et des professionnels du monde du septième art sont censés être accueillis. Quelle contre-publicité pour notre cité balnéaire !

Si nous pouvons légitimement émettre des réserves sur les aides très importantes (130.000€ en 2022, 350.000€ en 2023, 350.000€ en 2024, 160.000€ en 2025) dont a profité cette rencontre annuelle, nous pouvons tout autant nous interroger sur son bénéfice pour notre ville et si son impact ne serait pas davantage négatif que positif.

Voici pourquoi : quand vous avez à cœur de monter un événement, vous mettez toutes les chances de votre côté et misez pour que ledit événement fonctionne, mais aussi et avant tout pour qu'il soit une locomotive pour votre ville. Vous attendez un retour sur investissement qui peut s'opérer au travers d'une couverture médiatique, de personnalités du cinéma qui peuvent être séduites par la ville et y poser les pieds, ou encore espérer des retombées touristiques directes ou indirectes.

Mais dans ce Biarritz à l'abandon, quelle vedette pourrait être attirée par notre ville qui a pris autant de retard sur tous les sujets ? Il suffit de se balader à Bayonne, à Saint-Jean-de-Luz ou à Anglet pour constater qu'ailleurs qu'à Biarritz, certains tiennent leurs promesses et les rênes de leur ville. Pendant que Biarritz divague avec un capitaine absent, d'autres tiennent fermement le cap...

Le mandat 2020-2026 aura été marqué par trois mots pour le définir : l'amateurisme, l'entre-soi et le déclassement. L'illustration en est quotidienne, dans tous nos quartiers, sur tous les sujets.

Puis, nous constatons aussi, tous les ans, que ce festival agace des Biarrots, des associations, des acteurs de la vie locale qui ont l'impression d'être relégués aux rôles de figurants dans leur ville, là où d'autres bénéficient d'un traitement de star.

Et puis, reviennent vers Sauvegarder Biarritz des échos de ces petites choses qui n'ont pas lieu d'être mais qui en disent long ; les Biarrots nous rapportent avoir été témoins de :

-la Police municipale, qui a par ailleurs tant à faire dans ses missions premières, et qui est pourtant sollicitée par la mairie pour «aider» des adultes à traverser devant la Gare du Midi, sur un passage-piétons protégé

-la suppression d'un des deux bancs à l'arrêt de bus, pourtant si fréquenté, devant le Cinéma Le Royal, forçant les utilisateurs des transports en commun et les passants à rester debout,

-de véhicules mal stationnés - sur des hachures peintes au sol, sur les trottoirs, sur la chaussée, etc -, jamais verbalisés et qui arborent un grand logo du festival,

-de l'esplanade du Casino Municipal - déjà largement amochée par les bancs blocstop - qui se retrouve envahie par un immense barnum publicitaire, avec force voitures, pour qu'un des sponsors du festival ait une visibilité pour sa marque d'automobile.

-d'une maire affublée en Chanel - alors que son rôle d'élue l'engage à la sobriété - et que cette même Enseigne est sponsor du festival Nouvelles Vagues. Que cette Maison de couture habille les actrices d'un soir comme cela se fait ailleurs, pourquoi pas ? Mais qu'une municipalité subventionne un festival et que la maire de cette même commune soit remerciée au travers de vêtements constitue un mélange des genres très contestable. Question d'éthique.

Ce ne sont que quelques exemples, mais qui démontrent que la maire Arosteguy conduit bien sa municipalité selon son bon vouloir, à la tête du client, sans souci de l'implication qu'ont ses décisions pour les Biarrots et l'image de notre ville.

Tout cela se déroulant dans un pays qui compte des centaines de festivals de cinéma aux intitulés les plus variés. Celui de Biarritz ne devient alors qu'un de plus à rajouter à cette longue liste car ne rêvons pas - ou plutôt que madame Arosteguy ne rêve pas - les seuls festivals français de Cinéma reconnus à l'international sont bien celui de Cannes et celui de Deauville, les autres événements se contentant d'occuper quelques lignes dans l'agenda de leur commune. Ce simple constat, que l'on peut regretter, est pourtant le réel qui rattrape toujours le récit fictif ou fantasmé, voulu par certains qui vendent du vent et des paillettes qui ne brillent pas.

Ces quelques vaguelettes cinématographiques seront donc englouties dans la majestueuse Belharra nous rappelant alors la vacuité de la comédie humaine.

Posts les plus consultés de ce blog

JEAN-BAPTISTE DUSSAUSSOIS-LARRALDE : UN HOMME NEUF, CANDIDAT À LA MAIRIE DE BIARRITZ

MACHINATIONS ET TRUQUERIES À BIARRITZ TOURISME : RÉVÉLATIONS SURPRENANTES

ANA EZCURRA ET BIARRITZ BERRI : L'AVENTURE AUDACIEUSE D'UNE LISTE CITOYENNE