14 JUILLET : LA FÊTE POUR TOUS ? PAS À BIARRITZ.
Incroyable : ils ont remis ça.
Sauvegarder Biarritz avait dénoncé, l'année dernière, le fait que la maire de Biarritz et sa majorité municipale émettent des cartons d'invitation, pour une réception en mairie de quelques «happy few» qui se répartissent de la manière suivante :
-les bien-votants,
-les personnes bien placées qui peuvent être utiles d'avoir avec soi pour réseauter,
-les amis serviles, ceux qui ont rendu service et pourront à nouveau prêter main forte pour les prochaines municipales,
-les habituels lèche-bottes ou plus exactement les lèche-escarpins, pour n'en citer que quelques-uns.
Alors quand deux de nos lecteurs, invités à ce pathétique entre-soi, nous ont contactés pour nous montrer discrètement le faire-part, nous nous sommes dit que décidément toute notion de raison avait quitté l'Hôtel de Ville.
Car comment expliquer raisonnablement qu'en ce jour du 14 juillet qui, au-delà de la prise de la Bastille, revêt une symbolique de rassemblement de tous les Français, une cérémonie puisse avoir lieu en mairie où seuls quelques invités triés sur le volet - si l'on peut dire ! - par madame Arosteguy, sont conviés ?
Dans la si noble devise «Liberté, Égalité, Fraternité» qu'arbore notre mairie, il semblerait que l'on puisse dorénavant décrocher le mot «Égalité» tant il est piétiné ouvertement, ostensiblement, à la barbe même de ceux - présents - qui représentent avec fierté notre État, nos militaires, nos forces de l'ordre, nos sauveteurs.
Qu'il est embarrassant de voir ainsi ces personnes, pour qui nous tous n'avons que considération et respect, être instrumentalisées ainsi à des fins propagandistes et électoralistes !
S'ils n'ont d'autre choix que d'être présents, ne pouvant répondre par la négative à leurs supérieurs hiérarchiques, plusieurs nous ont demandé - tout en nous demandant de respecter leur anonymat - de transmettre sur Sauvegarder Biarritz leur ressentiment et leur indignation d'être ainsi un outil au service de la majorité municipale.
Une invitation, sur laquelle il est bien stipulé «invitation personnelle» et «elle vous sera demandée à l'entrée», atteste bien que seuls les titulaires du précieux sésame seront autorisés à pénétrer dans la Maison du Peuple pour ce moment de gargarismes entre-soi.
Événement sur invitation donc, et privé, mais... deniers bien publics pour une réception peu en phase avec ce que les belles valeurs auxquelles la République nous engage. Cette date particulière devrait pourtant montrer la voie pour que des élus biarrots fassent preuve d'exemplarité.
Voici les manières d'agir de ceux qui se déclarent pourtant être du camp de «La France des Honnêtes Gens».
Venons-en au défilé du 14 juillet de Biarritz - qui ressemble étonnamment à celui que l'on retrouve dans «Les Gendarmes de Saint-Tropez», les majorettes en moins. Cela fait rire, mais c'est encore un exemple de «La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le Bœuf». N'occupant pas le siège de madame Hidalgo à Paris, voici madame Arosteguy qui surjoue son rôle de maire et fait son propre petit défilé à la sauce de «La Fête à Neuneu».
Alors oui, il y a du monde à ce défilé, car à Biarritz un 14 juillet il y a toujours du monde, du matin au soir, d'autant que le spectacle est gratuit, chose bien rare de nos jours en notre ville.
Il n'y a rien à voir de répugnant dans ce qui est voué à être une fête populaire.
Pourtant, cette année encore, pas de feu d'artifice pour ouvrir la saison estivale.
Souvenons-nous d'un temps pas si lointain - sous la mandature Michel Veunac - quand les Biarrots et les touristes profitaient d'un beau feu d'artifice le 14 juillet et d'un autre majestueux au 15 août. Si l'on remonte le temps - sous la mandature de Didier Borotra - était offert à tous, chaque samedi, un feu d'artifice à thème. Remontons encore le temps - sous la mandature de Bernard Marie - quand des supporters-bénévoles organisaient, à la mi-juillet, «La Fête des Amis du BO» au cours de laquelle était tiré un fantastique feu d'artifice.
Si l'on met de côté le tout petit feu tiré - comme le veut la tradition - par l'Hôtel du Palais pour les clients de l'établissement, que le ciel biarrot était morne !
L'année dernière, l'excuse de la maire pour ne pas offrir ce spectacle républicain fut la concomitance des Jeux Olympiques et des Fêtes de Bayonne qui réquisitionnaient l'ensemble des forces de l'ordre. Cette année, silence radio : la maire a évité le sujet. Ne parlons pas de ce qui fâche.
Était pourtant annoncé sur plusieurs sites - dont celui du département (www.tourisme64.com) - que consultent logiquement les touristes, qu'un feu serait tiré à 23 heures à Biarritz. Autant dire que des milliers de malheureux ont attendu les fusées, en vain.
Dans cette tragi-comédie que nous livre quotidiennement la maire sortante, Biarritz passe pour un petit patelin aux festivités limitées et au budget de village. Que voulez-vous ? On ne peut pas ouvrir toutes les vannes : des réceptions en mairie, des «voyages d'études» à gogo pour élus de la Majorité, de très chers collaborateurs qui tentent de faire tourner la baraque... voilà qui plombe bien un budget communal. Tout d'un coup on comprend mieux que les Biarrots soient privés de feu d’artifice.
Et si ce n'était que ça ! Nous sommes aussi privés d'une voirie correcte, de prestigieux événements culturels gratuits, d'amélioration de nos quartiers, d'une tarification de stationnement minorée pour les locaux, de la rénovation de nos écoles, d'encadrement de nos aînés, d'un maillage de navettes gratuites, d'un stade de rugby aux normes, de bienveillance envers les plus faibles, de désinsectisation et de dératisation de l'espace public...
Le prochain maire aura décidément de gros défis à relever.

