NOUVELLES ANTENNES 5G À BIARRITZ : QU'EN EST-IL ?
À Biarritz, il est devenu habituel de devoir subir, sans information émanant de la mairie, des aménagements et des décisions douteuses qui, par la suite, sont logiquement contestées par la population.
C'est ainsi que bien des Biarrots se sont réveillés un beau matin et ont découvert une antenne 5G dans notre ville, plus précisément au 80 rue de Madrid sur le terrain du centre Thalmar, en face du poste de secours de la plage Marbella et de la cabane Debololo.
Sauvegarder Biarritz a été contacté - une fois encore - par des Biarrots inquiets et ne trouvant pas, en mairie de Biarritz, réponse à leurs interrogations. Où est la maire, où sont les élus, que fait le service «Allo madame le maire» ? Sauvegarder Biarritz est donc devenu le bureau des pleurs, des peurs et des colères.
Avec une maire toute dévouée à assurer une communication outrancière, comment comprendre que l'installation d'une telle tour n'ait été portée à la connaissance des Biarrots dans aucun support municipal tels que Biarritz Magazine, Imagine Biarritz ou encore les comptes Facebook, X et Instagram de la ville, sans oublier le site internet municipal et les sucettes JCDecaux ? Quant aux CCLV - Conseils consultatifs de la vie de quartier - encore une fois ils n'auront pas été consultés, en amont, pour prévenir de l'implantation d'une antenne en ce lieu. Alertés, des Biarrots, des riverains, des associations et autres collectifs auraient pu s'opposer, en bonne et due forme, par voie judiciaire, à la venue inopportune de ce type d'antenne.
Car outre leur éventuel impact sur la santé publique, leur aspect disgracieux fait consensus. S'il est évident que nul n'a envie d'avoir ce «décor» dans son jardin ou dans sa ligne de mire, pour autant leur nécessité n'échappe à personne pour que soit assurée à tous une bonne couverture en internet haut-débit.
Il s'agit alors de trouver un équilibre entre le choix de leur emplacement eu égard à leur possible nocivité pour le proche entourage, et l'impact visuel qu'elles occasionnent pour celui-ci.
Dans le cas qui nous préoccupe, il est évident que ce dernier point n'a pas été pris en compte.
Alors même que tous sommes soumis en permanence à un cadre strict - bien évidemment souhaitable pour empêcher le maximum de dérapages - et devons respecter les règles d'urbanisme régies par un PLU, comment comprendre que l'on puisse défigurer de la sorte le paysage naturel biarrot ?
Interdit de poser des fenêtres PVC, interdit d'installer un portail aveugle, interdit de monter un claustra, interdit de poser une marquise d'entrée, interdit d'agrandir sa maison de 30m2... mais pas de problème pour une antenne hideuse et potentiellement nocive ? Combien d'entre nous - ou nos amis ou notre famille - ont subi le rejet d'une autorisation par le service d'urbanisme de la ville ? Ces refus, bien que circonstanciés, peuvent parfois surprendre.
Si la décision de mettre en place une antenne 5G peut relever des autorités centrales, hors le champ de compétences de la municipalité, il reste à un maire, malgré tout, la prérogative de s'y opposer grâce à des arguties juridiques.
Mais comment s'y prennent les sociétés qui souhaitent implanter une antenne sur le territoire national ?
Le processus d'installation d'une antenne se déploie sur plusieurs étapes :
-le choix, par l'opérateur d'un terrain privé ou public,
-le dépôt d'un DIM (Dossier d'Information Mairie) à la mairie concernée, un mois avant la demande d’autorisation d’urbanisme,
-la demande d'accord auprès du Premier Ministre pour que l'antenne 5G ne contrevienne pas aux intérêts de la défense et de la sécurité nationale,
-la preuve que l'opérateur installe une antenne aux normes de sécurité en vigueur, en particulier sur les niveaux d’expositions aux ondes électromagnétiques,
-puis, enfin, l'opérateur doit obtenir une autorisation auprès des services de l'urbanisme de la ville.
Contester la venue d'une telle verrue n'est pas chose facile, mais pour autant pas impossible. Il va de soi, de la même manière que pour toute contestation d'un permis d'urbanisme, qu'un délai de deux mois - à compter de son affichage sur le terrain - est prévu pour déposer un recours. Encore faut-il que les habitants aient connaissance de ce panneau d'affichage...
Sujet de contestation en d'autres endroits de France, le Conseil d'État s'est exprimé le 13 avril 2016 (n°389798) et indique qu'«il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d’un recours pour excès de pouvoir tendant à l’annulation d’un permis de construire, de démolir ou d’aménager, de préciser l’atteinte qu’il invoque pour justifier d’un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d’affecter directement les conditions d’occupation, d’utilisation ou de jouissance de son bien.».
Venons-en à la question des conséquences sur la santé publique : «L’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail» - plus connue sous l'acronyme l’ANSES - a pu étudier les effets de ces antennes sur la population. Si l'ANSES estime «peu probable» des risques sur la santé, elle réserve tout de même son avis sur la nouvelle génération d'antennes à bande de fréquence 26 GHz en comparaison des actuelles à 3,5 GHz. Elle indique que «Pour la bande de fréquences 26 GHz, les données ne sont, à l’heure actuelle, pas suffisantes pour conclure à l’existence ou non d’effets sanitaires.». Dont acte.
Des interrogations subsistent sur le risque de cancers, de problèmes endocriniens, de dysfonctionnements cardiaques ou de maux de tête - pour ne citer que quelques pathologies liées aux seuils d’exposition électromagnétique. Des rapports de scientifiques du monde entier se confrontent, sans aboutir à une vérité irréfutable.
Face à une technologie qui va toujours plus vite, une très grande vigilance doit être de mise pour que les recherches scientifiques puissent s'opérer dans une totale indépendance et que les données récoltées par celles-ci soient consultables de manière transparente.
Encore une fois, nous avons plus ou moins la capacité d'établir - à court terme - l'impact sur notre santé. Pour ce qui est des effets sur le long terme... seul le temps nous le dira.
Rappelons-nous de l'affaire de l'amiante qui a secoué la France : si sa toxicité était avérée de longue date, face au lobbying de l'industrie, les répercussions sur la santé des travailleurs avaient été étouffées. Ce type de scandale a rendu le citoyen plus méfiant.
Un autre effet est à relever - plus prosaïque celui-là - et concerne le préjudice porté à la valeur d'un bien immobilier par la présence visuelle d'une antenne.
Si la proximité d'une autoroute, d'un chemin de fer, d'une ligne à haute tension ou d'un centre commercial dévalorise un bien immobilier, il en est de même avec une antenne 5G réputée altérer une vue et présenter un risque difficile à évaluer pour la santé humaine et animale.
Pour les citoyens plongés dans ce brouillard informatif, reste une certitude : l'horreur visuelle qui nous est imposée, dans un paysage déjà suffisamment amoché, alors que seule la nécessité impérieuse de sauvegarder notre environnement devrait sauter aux yeux de tous.





