LA GLORIFICATION DE SOI

Au «Biarritz Magazine» de mars-avril, il ne nous a pas fallu attendre longtemps pour lire de surprenantes affirmations, quand ce ne sont des exorbitances.

En page 5 de ce numéro, un texte de la maire de Biarritz fait office d'accueil aux lecteurs. Jusque là, rien de plus normal dans un bulletin municipal. Ce qui est davantage étonnant, est que ce message que tous les Biarrots reçoivent à domicile serve non pas à entretenir ce lien indispensable avec les citoyens mais de base propagandiste pour défendre un bilan en vue des municipales de 2026.

Le décor est posé, le ton est donné ! L'électeur est averti par un titre flamboyant : «La fierté de vivre à Biarritz».

Cela augure un récit d'autosatisfaction où - il faut bien le dire - chaque ligne est perçue comme une provocation cynique envers une catégorie de Biarrots. 

Mais sans doute est-il bon de se flatter soi-même, faute de voir les autres s'en charger. 

En psychologie cela s'appelle l'auto-illusion. Il s'agit d'une manière d'arranger la vérité, de s'accommoder avec le réel pour porter une narration remaniée, remodelée, retravaillée, voire idyllique. 

Le schéma se répète si souvent chez la maire de Biarritz que l'on n'y fait presque plus cas.

N'étant pas adepte de l'adage de Danton qui proclame «La vérité, l'âpre vérité», madame Arosteguy fait davantage sienne cet aphorisme de Louis Veuillot : «Une vérité accommodante est une vérité accommodée».

Tout est à redire dans cet autosatisfecit que madame Arosteguy a l'art de manier, croit-elle :

1) le classement Villes et Villages de France et son attribution opaque. Notre ville répond négativement à tous les critères d'attributions.

2) «la non-augmentation des impôts municipaux» : que dire alors de l'explosion des tarifs du stationnement ? N'y a-t-il pas ici une augmentation déguisée des impôts infligés aux Biarrots ?

3) que dire encore des «grands projets structurants» qui seraient, dixit la maire, le banal entretien courant de la ville ? Au risque de lui déplaire, la ville n'est justement plus entretenue. Aucun quartier n'est épargné par cet abandon.

4) où est la concrétisation des pseudo-plans Écoles, pseudo-plans Chaussée et Trottoirs, pseudo-plans Arbres ?! 

5) le réaménagement de la rue Gambetta faisait partie de TOUS les programmes des candidats aux municipales en 2020, car il s'agissait d'une injonction de mise aux normes par l'État.

6) «le confortement et la renaturation des falaises de la Côte des Basques» : parlons-en ! Une subvention, qui avait été sollicitée lors du mandat Veunac et accordée par l'Europe, et que la maire et son adjoint afférant ont laissé filer. À un an de la prochaine consultation, comme par hasard le sujet est repris en main. Un peu grosse la ficelle, non ?

7) que dire d'une maire qui est vice-présidente à l’Assainissement à la CAPB, et qui attend la fin de son mandat pour réaliser un bassin de rétention dans ce Biarritz qui ne doit son existence que grâce à son océan ? Toutes les autres communes concernées lui ont damé le pion et sont passées devant Biarritz !

8) la réalisation du Pôle Multimodal de la Gare de Biarritz dont la réalisation est - malgré ce que l'on se raconte côté mairie - de la compétence de la CAPB et qui sera prêt... aux calendes grecques.

9) le problème du logement des Biarrots : à qui peut-on faire croire que les futurs logements sociaux d'Aguilera seront attribués à des Biarrots ? Quant aux autres, ils seront au prix du marché et bien peu accessible à la bourse du Biarrot moyen. Les Biarrots ont très clairement émis leur souhait que cette plaine Aguilera reste à vocation sportive, et ne soit pas bétonnée.

10) «le soutien financier» aux associations culturelles et sportives : les chiffres parlent et ne sont pas à l'avantage de la majorité municipale. Quant aux aides logistiques (prêt de salles, de matériel, etc...) dont bénéficiaient par le passé nombre de nos associations : exit depuis l'arrivée de madame Arosteguy. Et après l'on s'étonne que les associations manquent de forces vives ! Sans aide active de la municipalité - qui n'est pas forcément financière ! - comment peut-on attirer bénévoles et adhérents vers les associations biarrotes ?

11) «la création de nouveaux espaces tel que la Maison de l'Âge d'Or» : on remarque qu'il s'agit du seul exemple soumis... car il n'y en a pas d'autres. Mais... comment peut-elle utiliser ce vocable - «création» - alors que le foyer de l'Âge d'Or existe à Biarritz depuis presque 50 ans et qu'il s'agit donc d'un déplacement d'adresse, cinq ans après son éviction du local de la rue Joseph Petit ? Est-ce une volonté de mentir ? Comment expliquer que la maire ait privé les seniors de Biarritz d'un foyer, pendant tout ce temps ?

12) l'édile retient de notre ville qu'elle est «vivante, apaisée, rassemblée». Vivant maintenant à Arcangues, elle a probablement décroché avec le terrain. Notre ville a été durement malmenée, dégradée et déclassée à cause de sa mandature qui est excluante, insultante et repliée sur elle-même.

13) certainement le pompon (!) : la maire dit que «Biarritz est diverse, ouverte, respectueuse de l'histoire et attentive à chacun».

Si l'entité Biarritz l'est - ainsi que les Biarrots -, madame Arosteguy est bien l'exception à la règle.

Une ville ne fonctionne pas et ne se résume pas à coups de slogans et de formules commerciales.

L'autosuggestion positive qui relève de la méthode Coué a ses limites pour faire prendre aux Biarrots des vessies pour des lanternes.

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