«COMBIEN ACQUÉRIR LA SAGESSE VAUT MIEUX QUE L'OR ! COMBIEN ACQUÉRIR L'INTELLIGENCE EST PRÉFÉRABLE À L'ARGENT !»
Et l'on poursuivra dans ce texte avec d'autres proverbes issus de la sagesse populaire et des versets bibliques pour tenter de ramener à la raison ces brebis égarées...
Dans ce nouveau scandale qui frappe Biarritz et qu'il convient de nommer «l'Affaire du Don», madame Arosteguy vient, à nouveau, de sacrifier l'Honneur sur l'autel de la Cupidité.
Rappelons les faits : devant la nécessité de faire des travaux d'envergure à l'église Saint-Eugénie, la ville de Biarritz a lancé un appel public aux dons. Puis, les habitants de notre bonne ville apprennent un beau matin que la multinationale AirBnB concède un chèque de 100.000€ à la restauration de ladite église.
Biarritz perd son âme pour un plat de lentilles.
Avant toute chose, il est utile de rappeler que cette société - ainsi que toutes celles qui ont suivi dans son sillage - a dérégulé le système de l'hébergement touristique et congressiste, a augmenté le prix de l'immobilier, a rendu difficile et parfois impossible la cohabitation avec les habitants à l'année.
Ce fléau n'atteint pas que Biarritz mais tout le Pays Basque, toutes les villes côtières, toutes les grandes villes, la France, l'Europe, le Monde.
Partout, nous avons assisté à cette pieuvre qui, de manière insidieuse, a mis la main sur un marché immobilier en rejetant, de fait, ceux qui constituent une ville ou un village : ses habitants.
C'est ça AirBnB.
AirBnB est à l'origine de la crise du logement en chassant les habitants de leur ville, qui, ne pouvant plus se loger faute de locations à l'année et d'un marché à l'achat devenu dément, sont allés vivre dans un ailleurs lointain. C'est dramatique car cela les arrache de leurs racines et éloigne physiquement les familles - grands-parents, enfants, petits-enfants. Ça a changé le parcours de vie de tant et tant de personnes.
C'est ça AirBnB.
«Méfiez-vous de l'amour de l'argent.»
Car beaucoup de personnes qui ont acheté un bien immobilier dans la perspective de ne faire QUE de la location de courte durée ont élaboré un business plan pour rembourser largement leurs crédits grâce à cette manne.
Un marché s'est installé pour gagner le plus d'argent possible, avec le moins d'effort possible. Puis certains ont quitté leurs métiers pour ne plus faire que ça l'année durant.
À Biarritz, dans un contexte d'une offre immobilière déjà rendue compliquée par le nombre de résidences secondaires, AirBnB a été un fatal coup de massue pour nous tous.
C'est ça AirBnB.
C'est une gangrène qui a gagné toute notre ville : le centre-ville certes, mais aussi tous les autres quartiers de Biarritz.
Le bruit, la saleté, l'irrespect, l'absence d'horaires : c'est une plaie pour les résidents qui vivent au-dessus ou au-dessous de ces appartements loués, une plaie pour les maisons avoisinantes car ces locations sont trop souvent transformées en boîtes de nuit privées où des teufs se succèdent nuit après nuit.
Pourtant, tout à côté vivent des personnes qui doivent se lever tôt le matin pour aller travailler, des enfants à faire dormir, des personnes âgées à qui l'on doit la tranquillité. Qui pense à eux ?
C'est ça AirBnB.
C'est le commerce local qui a changé dans bien des villes submergées par AirBnB. Des personnes de passage, en vacances, et des personnes vivant ici à l'année, ne consomment pas forcément de la même manière. Un vacancier de trois jours n'a que faire des commerces d'un cordonnier, d'un tapissier ou du boucher du coin. Alors, n'ayant plus suffisamment de clientèle, ces commerces ferment au profit de snacks, de bars, de boutiques souvenirs bas-de-gamme.
C'est ça AirBnB.
Quand l'accueil de touristes se doit d'être encadré par des professionnels qui connaissent leur métier, le système AirBnB est d'une totale déloyauté vis-à-vis de l'hôtellerie classique et des chambres d'hôtes ou des campings qui sont, eux, soumis à toute une panoplie de normes, alors que les AirBnB louent des biens de particuliers sans y contrôler les installations électriques, sanitaires et sécuritaires.
C'est ça AirBnB.
Le pouvoir politique a mis beaucoup trop de temps pour dissiper un système de meublés de tourisme non-encadrés, sans contrôles, sans limites. Sans les actions des courageux bénévoles de l'association Alda, nous savons que la législation n'aurait pas évolué et que les locaux continueraient à subir - au quotidien ! - ses méfaits. Souvenons-nous de leur percutant slogan : «AirBnB nous expulse ! AirBnB kanpora !». Quand, aujourd'hui, un certain sénateur biarrot aboie démagogiquement avec la foule, il fut un temps pas si lointain où il vantait les mérites de cette plateforme. Oui, «Le pécheur se reconnaît à la duplicité de sa langue.». Il en est de même avec sa collègue du même parti, madame Arosteguy.
Cette question du logement devrait pourtant être au-dessus de tous clivages politiques.
Madame Arosteguy semble multiplier les accointances avec des personnalités et des entités qui, empilées les unes aux autres, posent un véritable problème d'éthique pour ce que l'image de notre ville renvoie d'abord aux Biarrots, puis à l'extérieur de notre ville.
Tous les Biarrots sont entraînés, malgré eux, dans ces collusions douteuses.
Cela nous entache tous, cela nous déshonore.
Est-ce que la maire de Biarritz a conscience de son outrance, ou est-ce bien assumé ?
Pour ce qui est de la multinationale AirBnB, elle est dans son rôle en cherchant à gagner l'estime des habitants. AirBnB pense acheter les consciences avec l'argent. Mais que cette société toxique trouve une écoute aimable chez la maire de Biarritz, c'est invraisemblable ! Son argent rend-il amnésique ?
Car ce «cadeau», ce n'est pas AirBnB qui le fait à Biarritz. C'est Biarritz qui le fait à AirBnB.
En plaçant la ville de Biarritz en position de dépendance qui conduit à la soumission, Madame Arosteguy administre un soufflet à tous ceux qui ont souffert par la faute d'AirBnB. Faudra-t-il encore tendre l'autre joue ?
Alors, la charité chrétienne nous ordonne : «Pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font.». Cela est très bien, mais pouvons-nous nous taire ? N'est-ce pas de notre devoir de Biarrots de nous insurger contre de telles pratiques avilissantes ?
Saint Luc nous le dit : «Nul serviteur ne peut servir deux maîtres.». Les deux maîtres étant ici l'Argent et l'Honneur, nous avons tous compris vers quel chemin se sont engagés les deux coupables élus - Madame Arosteguy et son conseiller municipal Sébastien Ménard - présents sur cette photo du journal Sud-Ouest aux côtés d'un chèque fétide.
«Celui qui aime l'argent n'en sera jamais rassasié.»
Hélas, cet amour pour l'Argent a fait perdre le Nord à bien des élus lors de cette mandature. Les exemples sont trop nombreux et «L'argent est un bon serviteur mais un mauvais maître.». Qu'on se le dise.
Alors que suite à cette collaboration la maire et Biarritz sont la risée des élus et des habitants du Pays Basque, et que les observateurs de tous bords se récrient de cette collaboration plus qu'hasardeuse, ce proverbe s'impose à nous : «La sagesse crie dans les rues, elle élève sa voix dans les places.». Madame Arosteguy saura-t-elle, face à la colère venue du peuple, revenir sur cette décision d'accepter ce don ? Ou s'arc-boutera-t-elle encore une fois, comme elle sait si bien le faire ?
Si ces hommes d'église avaient été présents lors de la photo parue dans le Sud-Ouest, ils auraient pu souffler à l'oreille des émissaires d'AirBnB : «N'oubliez-pas que vous ne pouvez pas acheter le paradis.» et que «La sagesse est plus précieuse que l'argent.».
Face à cette absence de soutane, faut-il lire de l'intelligence, une désapprobation, ou à tout le moins une gêne de la provenance des fonds ?
Ou suivent-ils le précepte de Saint-Jacques : «Résistez au diable, et il s'enfuira de vous.» ?

