AGUILERA : CE QUE LES ÉLUS D'OPPOSITION ONT À DIRE (JOUR 2/3)
Brice Morin - Corine Martineau
-BRICE MORIN
Cet élu ne va jamais par quatre chemins pour exprimer son opinion.
Il fait valoir ses idées, puis propose des options pour ensuite interroger clairement son interlocuteur : «Sur notre projet Aguilera Berria, on était pour la construction de logements, évidemment pas en plein milieu pour couper ce plateau sportif. Il y avait une continuité de l'USB jusqu'à Aguilera, on avait proposé des logements sur le côté avec des logements aussi au niveau de l'USB, côté Chassin. Donc c'est vrai, sur 300 logements en un bloc ça risque quand même de faire beaucoup. En tant que logements et évidemment parkings, sachant qu'il faut au moins une voiture par logement (...) entre 800 et 1000 voitures qui passeraient par là donc, ça me paraît compliqué avec les toutes petites voies d'accès qu'il y a aura (...).».
L'élu Morin a ensuite posé une question - qui a mis mal à l'aise la maire - pour savoir si les logements sociaux, qui sont prévus à hauteur de 60%, incluaient ou non le logement étudiant, saisonnier et senior.
Avec une réponse-esquive bien reconnaissable, madame Arosteguy a répondu : «On les compte mais on pourra dépasser.».
Brice Morin insiste pour obtenir une réponse qui en est une : «C'est ma question. On les rajoute ou on les compte dans les 60% ?».
La maire lui répond : «Ben les deux !».
Monsieur Morin conclut par un «Les deux, ce n'est pas possible. On rajoute ou pas !».
Cet évitement révèle à tout le moins un réel amateurisme de la majorité qui est dans l'incapacité de répondre à cette question, et confirme sa volonté de rester très floue sur la répartition des futurs logements.
L'élu a aussi fait valoir la nouvelle loi des députés Echaniz/Le Meur qui préconise, entre autres points, la possibilité pour une commune qui compte plus de 20% de résidences secondaires d'inscrire dans son PLU que toute nouvelle opération immobilière est consacrée à de la résidence principale.
Il fait état de sa volonté que le PLU de Biarritz soit modifié pour que cette loi s'applique à Aguilera. Nous aurions pu penser qu'un riche échange s’opérerait entre l'élu et la maire sur un point aussi important, mais là encore, à l'évidence moins elle en dit, mieux elle se porte...
Que cache cette fuite ?
Les Biarrots méritent vraiment mieux que ces dérobades.
L'application de cette mesure est la SEULE qui assurera aux Biarrots la pérennisation du logement pour les résidents à l'année - hors le logement social.
-CORINE MARTINEAU
Fidèle à ce qu'elle a toujours prôné pour le quartier d'Aguilera, Corine Martineau a de nouveau rappelé que le projet - tel qu'il est actuellement présenté - nuit aux Sports, à la sérénité du quartier et au bien-être des futurs habitants : «Ce projet Aguilera, pour moi, est la fin d’une vraie plaine des sports. J’entends que nous devons construire du logement - je ne suis pas hostile du tout - mais entre permettre une accession et bétonner un lieu sportif historique... il y a un monde.
Si un espace aurait pu être utilisé pour faire peut-être une centaine de logements, il serait à la place de l’USB et en limite de parking Nord du BAC, pas plus. Ce serait l’occasion de reconstruire l’USB dans un lieu entre la Pelote et le Stade qui lierait les deux et aurait une cohérence de prolongement des divers équipements sportifs : cela coûterait moins cher que de la rénovation et un confort d’utilisation par les usagers.
En votant les subventions pour la rénovation de l’USB au même endroit, nous apportons un soutien sans vision. Il faut regarder l’avenir et les conséquences au long terme que votre projet amènera et qui, au final, ne leur servira pas.
Un quartier de 270 logements avec 300 ou 400 places de stationnement souterrain,- soit un peu plus d’une voiture par foyer - quelques places en surface arrêt-minutes : super pratique quand on va s’entraîner pendant 1h30 ou plus !
Quid des places réservées aux utilisateurs de la Polyclinique ? Quid des utilisateurs des équipements sportifs ? Quid des visiteurs ? Dois-je aussi parler des places des jours de match, que vous voulez envoyer au parking Iraty ? Tout ça - pour moi - c’est le début de la fin d’Aguilera.».
Poursuivant, sans surprise, par ce qui suit : «Je suis définitivement contre ce projet et je me pose en opposante à la modification, voire la disparition programmée de la plaine des sports d’Aguilera avec une densification incontrôlée, non-maitrisée.».
Madame Martineau a rappelé le contexte du stade et de son environnement : l'installation d'une pelouse synthétique, la Villa Rose, la création d'une nouvelle tribune dont Arnaud Dubois - président du directoire du club - reconnaît «qu’il s’agit pour l’heure plus d’une idée que d’un projet».
L'élue est revenue plus particulièrement sur un de ces points : la pelouse synthétique au terrain d'honneur Larribau.
Elle relève que dans un article de Sud-Ouest (17 janvier 2025), la maire faisait valoir cet investissement, «entre 1,4 et 1,6 millions d'euros», inscrit dans le budget municipal de 2025. Encore une fois, les élus et les habitants découvrent des projets et des engagements de la maire en ouvrant le quotidien régional. Est-ce ainsi que l'on mène une mandature dans une petite ville telle que la nôtre ?
Madame Martineau, toujours soucieuse de la bonne utilisation des deniers publics, s'offusque qu'une telle dépense n'ait pas fait l'objet d'une délibération, d'un débat, puis d'un vote en conseil municipal. Concluant par un ferme «J’attends votre réponse», madame Arosteguy, cherchant encore la fuite, lui a opposé un «Mais il n'y a pas de réponse madame Martineau.» (!).
L'élue Martineau a répondu «Il va falloir...» : s'ensuivit un long et vif échange entre l'élue d'opposition et l'édile sur ce sujet, et qui a bien caractérisé le manque de transparence dans les dossiers gérés par la maire, ses contradictions et ses accusations d'inexactitudes contre la journaliste de Sud-Ouest.
Ce débat ubuesque où madame Arosteguy contredit et combat ses propres écrits - qui ne datent seulement que de quelques jours ! - peut interloquer.
Nous reviendrons à la loupe sur ce sujet, dans un autre post dédié à la pelouse synthétique.
Après les interventions d'hier de Patrick Destizon, Guillaume Barucq et Lysiann Brao, celles d'aujourd'hui de Brice Morin et Corine Martineau, nous nous retrouverons demain pour lire les propos de Sébastien Carrère et Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde.
