BIARRITZ : DOUCHE PAS À MON EAU !

La question de l'hygiène corporelle par l'eau a été admise depuis fort longtemps dans notre Europe ancienne.

Dès l'Antiquité, les Romains et les Grecs avaient l'habitude de faire des bains réguliers.

Au Moyen-Âge, les étuves sont mixtes et l'on s'y baigne nu, mais l'Église réprouve rapidement cette pratique et lui préfère l'ablution.

À la Renaissance, une régression de l'entretien du corps s'opère et l'eau devient l'ennemi de tous. Elle serait même vecteur de maladies ! La crasse protégerait le corps de tous les maux.

Le XVIIème et le XVIIIème siècles amorcent le retour à un semblant d'hygiène, d'abord chez l'aristocratie et la bourgeoisie, puis progressivement dans le peuple.

Le début du XIXème voit apparaître le grand Louis Pasteur et la prise de conscience est alors collective. La toilette doit être quotidienne.

Cet historique à grandes enjambées sert à démontrer que le progrès humain et scientifique amène inexorablement à une meilleure hygiène de chaque individu.

Sur notre Côte, nous faisons un grand voyage temporel en rétrogradant à une époque fâchée avec la propreté.

Car, à Biarritz, l'on ne fait rien comme les autres. Quand l'association des mots salubrité/foule/pollution/physalies/algue toxique ostreopsis devrait engager n'importe quel élu responsable à agir pour que ceux qui fréquentent notre grand bleu soient les moins nombreux possibles à être affectés, ce n'est pas le cas à Biarritz !

Cela fait deux ans que nos plages sont privées de douches.

L'année dernière, la maire de Biarritz a décidé, face à une «période inédite de sécheresse, afin de préserver la ressource en eau» de la fermeture des douches et des rince-pieds.

Quand on avance un spécieux argument pour faire avaler aux péquins une mesure inutile, faut pas que ces mêmes péquins aient bonne mémoire.

En effet, cette année pas de sécheresse et pourtant pas de douches !

Que se passe-t-il ? Nous auraient-ils menti ? Voudraient-ils faire des économies en sacrifiant la santé publique ?

Il suffit de recouper les déclarations de la maire de Biarritz, très attachée à l'absurde label «Pavillon Bleu» - nous aurons bientôt l'occasion de développer ce thème - qui indique que l'eau des douches de plages n'étant pas récupérée et traitée, sauf à la Côte des Basques, «la pérennité du Pavillon Bleu impose la fermeture des douches». Peut-on expliquer à cette dame qu'il n'y aucune inéluctabilité à ce que cette eau ne soit ni récupérée, ni traitée, ni à fort débit ? Son bilan de mandat étant transparent, il aurait pu être envisagé de réaliser ces petits travaux : cela lui aurait permis de justifier sa rémunération en tant que vice-présidente de la communauté d'agglomération (CAPB) en charge de l'assainissement. Cela lui aurait permis de se raccrocher à son Pavillon Bleu qui ne trompe que les touristes et d'offrir la possibilité aux baigneurs et aux surfeurs de rincer leur peau des impuretés de l'eau de mer.

Il nous est donc révélé que l'année dernière il ne s'agissait pas d'une mesure en rapport avec le manque de précipitations, mais en réalité d'une volonté déguisée de supprimer définitivement les douches des plages biarrotes. Les masques sont tombés.

En «remplacement» des douches, la ville de Biarritz a installé, avec force communication, des pédiluves - ou rince-pieds - tout en vantant l'économie d'eau réalisée par ce dispositif novateur. Ces rince-pieds qui ont toujours existé et qui ont une utilité ne peuvent EN AUCUN CAS être une substitution sérieuse au rinçage complet du corps.

 

Est-il nécessaire de rappeler à tous ce que contient l'eau dans laquelle nous nous baignons ? Rejets des eaux usées après orages, présence de l'algue toxique ostreopsis, physalies, bactéries humaines, déchets plastiques, détergents pétrochimiques et, bien évidemment, sel marin. Mélange détonnant et peu ragoûtant.

Bien que l'attention de Sauvegarder Biarritz soit concentrée sur le bien-être et le bien-vivre des Biarrots, nous souhaitons tout de même que nos visiteurs soient en parfaite santé au sortir de leur bain. Sans douches sur nos plages biarrotes, ce n'est plus le cas aujourd'hui.

C'est un scandale de prélever une taxe de séjour auprès de nos visiteurs dans les hôtels, campings, résidences de tourisme, chambres d'hôtes et les meublés de tourisme, leur imposer une tarification de stationnement exorbitante, n'avoir pas de WC publics dignes de notre station impériale, et par-dessus le marché supprimer un service indispensable de rinçage hygiénique.

Sans douches, le nombre de personnes touchées par des otites, des infections urinaires, des gastro-entérites, des infections cutanées et/ou de conjonctivites, a considérablement augmenté. Le témoignage des médecins locaux est édifiant.

La responsabilité de la municipalité est dès lors engagée. Elle ne peut détourner le regard.

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