LE FRIC, LE POGNON, L'ARGENT : MANQUE PLUS QUE LE GRISBI...
Rembobinage du conseil municipal du 7 juillet 2025...
Quelle est la différence entre un marché public et un appel à projets ?
Un certain flou artistique persiste pour que soit établie la différence entre les deux leviers.
Toutefois, le réel écart est qu'un marché public vise à répondre à un besoin précis de l'organisme public par rapport à l'appel à projets qui vise à stimuler l'innovation et à favoriser l'émergence de solutions nouvelles.
Cette confusion entretenue ne permet pas toujours aux juges administratifs de clairement départager ce qui relève d'une catégorie ou de l'autre dans la réalisation d'un projet.
Dans le cas qui nous intéresse - l'aménagement immobilier de la plaine Aguilera - l'appel d'offres est la formule retenue par madame Arosteguy. Soit.
Cette dernière annonce elle-même qu'«il ne s'agit pas d'un marché public, il s'agit d'un appel à projets. (...) nous avons retenu un candidat sur les trois, et c'est ce candidat que nous vous proposons de retenir. Il nous paraît important, pour que vous puissiez avoir accès à un maximum d'informations, que vous puissiez interroger le candidat.».
Deux rectificatifs majeurs s'imposent face à cette déclaration :
-lors d'un appel à projets, il est naturel de convier en réunion, à la mairie, tous les candidats retenus, pour que chacun puisse exposer et défendre le sien devant TOUS les élus. [Cela a été fait, par exemple, dans le cas de la cession de la Villa Fal. Certes sans qu'il soit tenu compte de l'avis des conseillers municipaux d'opposition, mais au moins un déroulement loyal fut assuré.]
-Le maximum d'informations n'a donc pas été assuré à TOUS les élus du conseil municipal. Que cela soit clair.
Et l'élue Nathalie Motsch le rappelle en séance de conseil municipal : «On était en droit de voir un tableau qui récapitulait les offres. On l'a pas eu. Nada. Alors, on a un peu cherché : le groupement Vinci proposait - je parle en hors taxe - 18 millions d'euros hors taxe, le groupement Icade Promotion 17 millions 200 hors taxe at Aldim... je n'ai pas trouvé.».
Lecteur, vous avez bien compris que dans un appel à projets, une première offre dite «intermédiaire» est proposée pour être éventuellement bonifiée par la suite, lors de l'offre finale. Madame Motsch ayant fait les calculs suivants, nous vous les retranscrivons ici :
-offre intermédiaire de Vinci = 18 millions d'euros HT
.offre finale de Vinci, inconnue mais elle aura forcément été bonifiée...
-offre intermédiaire de Icade Promotion = 17,2 millions d'euros HT
.offre finale Icade Promotion = 18,6 millions d'euros HT
-offre intermédiaire de Aldim : inconnue
.offre finale de Aldim/Robert Alday = 14,8 millions d'euros HT
Donc 3,8 millions d'euros d'écart entre Icade et Aldim ou 4,7 millions d'euros si l'on intègre les 900.000€ de garantie de permis.
Ainsi que le dit fort justement Madame Motsch : «Comment on peut écarter délibérément deux offres» alors qu'un tel écart est constaté ?
Puis madame Motsch poursuit sur une clause intégrée après coup dans l'appel d'offres : «il est très intéressant de relever que la ville a ajouté une nouvelle clause financière pour les propositions finales. Ça n'apparaissait pas dans les propositions intermédiaires. La ville a ajouté des success fees. (…) En fait, c'est un bonus qui va être rajouté en plus si le groupement qui s'est engagé sur un prix au m2 arrive à vendre plus cher que prévu. Alors vous allez me dire c'est lunaire, voire ubuesque, parce que les success fees permettent à la ville de jouer le jeu de la spéculation foncière. Plus les mètres carrés in fine vont se vendre cher, plus la ville va gagner de l'argent sur le dos des Biarrots acquéreurs. Bon, moi je n'aurais jamais fait un truc pareil. J'aurais dit pas de success fees, en revanche on veut un prix ferme hors taxe le plus élevé possible.».
Incroyable que la municipalité puisse chercher ainsi à capitaliser sur un marché immobilier déjà hors de raison. Et donc tondre au plus près les futurs Biarrots qui s'y installeront ! Bel état d'esprit.
Puis Nathalie Motsch en vient au point d'orgue et révèle le contenu d'un courrier adressé par madame Arosteguy à Icade Promotion et dont elle demande à la maire d'authentifier le document, tant son contenu paraît peu imaginable. La maire de Biarritz écrit, noir sur blanc, à Icade : «En effet, le projet que vous avez présenté le 10 juin 2025 au titre de l'offre finale d'acquisition dépassant l'attente d'une offre du prix de cession...».
Madame Motsch fait une pause puis reprend : «En fait, vous êtes en train de dire aux Biarrots : je n'ai pas retenu cette offre définitive parce que vous êtes supérieur à 3,8 ou ou 4,7 selon que l'on compte ou pas cette garantie. Je l'ai relu à trois reprises parce que j'ai cru que c'était une blague. Chaque année, votre adjoint aux finances nous sert une longue litanie sur les recettes en berne, les dotations en moins, que c'est très très dur de boucler le budget, et là on s’assoit sur 3,8-4,7 (...). Ça fait beaucoup beaucoup beaucoup d'argent et on fait beaucoup beaucoup de choses avec des sommes pareilles. On peut faire des crèches, faire des trottoirs dans les quartiers, on peut faire des rénovations dans les bâtiments publics, on peut faire beaucoup pour les eaux de baignade avec 3,8. (…) Vous nous avez encore récité vos fiches du parfait petit urbaniste qui joue avec ses légos. Tous les candidats ont répondu à vos 60% de logements sociaux, BRS, ils ont tous essayé de faire rentrer dans une boîte à chaussure 250 logements et au forceps pour un projet ultra-dense, ultra-contraint. Ils ont tous répondu à votre cahier des charges avec un parking semi-enterré, une densité maximale parce que la commande elle est la même pour tous ! Une emprise au sol, des logements, du végétal ! Bon, en vérité trop de logements sur trop peu d'espace, mais ils répondent à la même chose. (…) Rien ne justifie d'écarter purement et simplement deux offres très supérieures à celle que vous retenez. Rien ne le justifie et encore moins la programmation urbanistique. Rien (…) Parce qu'on défend les intérêts de la ville, on défend les intérêts des Biarrots. Plus on vend cher, plus on peut faire de choses. Donc ma question c'est : pourquoi ?! Pourquoi ?! Où est cet argent ?! (…) Pourquoi on écarte deux propositions mieux-disantes et pourquoi la ville est OK pour perdre 3,8 millions d'euros ?».
Madame Arosteguy, prise au piège de cette argumentation, répond spontanément : «Il ne s'agit pas uniquement du fric, du pognon, de l'argent, madame Motsch.».
Madame Motsch lui réplique : «Vous ne me convainquez pas du tout et je n'aime pas la vulgarité.».
Ah bon ? Car jusqu'ici nous n'avons entendu qu'un discours - très chic d'ailleurs - empli «du fric, du pognon, de l'argent» pour nous faire avaler les couleuvres des abandons de la Villa Sion, de l'Auberge de Jeunesse, des locaux de la Police Municipale, de la Villa Fal, d'un bout de parcelle de la Chapelle Impériale, pour n'en citer que quelques-uns. Mais, comme chacun sait, madame Arosteguy est détachée des biens de ce monde ayant exagérément majoré son salaire - dès sa prise de fonction - et percevant 8.800€ mensuels, sans compter les voyages gratuits et les à-côtés. Crise oblige.
Voilà madame Arosteguy bien agressive pour justifier cet inexplicable écart.
Pourquoi donc cette fébrilité ?
Madame Arosteguy cherche à retomber sur ses pieds mais les faits, implacables, sont là pour la contredire.
En Droit, cela s'appelle une «rupture d'égalité» entre les candidats, et comme le dit fort justement madame Motsch : «le contribuable biarrot paiera les frais d'avocats...» de recours qui ne manqueront pas de se faire connaître. Le contribuable biarrot en a hélas l'habitude. Des mots déplacés et insultants, des licenciements abusifs, d'injustifiables harcèlements, des décisions iniques - sans parler des subventions versées au BORA à cet effet - autant de comportements d'une maire qui se place en opposition avec la population qu'elle est censée servir et protéger, auront donné lieu à des actions en justice de ses victimes, si bien que les frais d'avocats enflent, enflent...
Il existe une méthode qui consiste à détourner l'attention du sujet central pour tenter d'esquiver les réponses gênantes.
Nous en avons déjà parlé dernièrement, madame Cascino, monsieur Chazouillères et madame Arosteguy en ont tenté l'exercice lors du dernier conseil municipal... en vain, car les Biarrots connaissent l'affaire. Encore un effet pschitt pour la Majorité, car cette absurde attaque envers Nathalie Motsch se conclut par une plainte en diffamation de cette dernière à l'encontre de la maire.
En bref, les Biarrots ne sauront ni pourquoi la ville s’assoit sur 4,7 millions d'euros, ni pourquoi les projets des trois promoteurs n'ont pas été présentés aux élus ni aux Biarrots, ni les raisons pour la mairie biarrote de se faire «du fric, du pognon, de l'argent» sur le dos des Biarrots en ayant l'audace d'intégrer une clause spéculative au contrat.
[Rappel important : il s'agit tout de même dans cette affaire - comme dans toutes celles débattues en conseil municipal - de deniers publics, or aussi extraordinaire que cela puisse paraître, ni les élus, et encore moins les Biarrots, n'ont de regard sur ces dossiers.]
L'audit, qui ne manquera pas d'être réalisé à la venue du nouveau maire, en mars 2026, nous apportera bien des réponses indispensables pour rétablir la confiance entre Mairie et Habitants.