DOUCHES DE PLAGES : SUPPRESSION, OBSTINATION, RENONCEMENT
C'est l'invraisemblable histoire de la SUPPRESSION des douches de plages dans une station balnéaire de luxe de 25.000 habitants - 130.000 en été ! - et où se trouve le seul Palace de la Côte Atlantique.
Et cela nonobstant des plages sur-fréquentées, une pollution sporadique de l'eau de mer, la présence en nombre de physalies et surtout de la terrible algue ostreopsis aux nombreux effets néfastes sur l'humain.
Les appels insistants de la population biarrote et locale ont été vains, au mépris d'une pétition de 17.000 signataires et surtout de l'avis contraire des médecins et pharmaciens : rien n'a pu infléchir cette absurde mesure.
Été 2022... été 2023... été 2024... baigneurs et surfeurs sont contraints de sauter l'étape «rinçage» en quittant la plage. Après la SUPPRESSION, nous subissons L'OBSTINATION.
Tant pis pour les effets secondaires sur les bébés, jeunes enfants, personnes âgées, personnes à risques. La ville «inclusive» et «solidaire» vendue par madame Arosteguy et ses élus-suiveurs ne serait donc qu'un slogan aguicheur, non suivi d'effet ? Tiens, tiens.
Malgré ces éléments de langage, les habitants qui résident et les touristes qui séjournent à l'intérieur du Pays Basque devront, eux, se passer de cette salvatrice douche avant d'atteindre le confort de leur lointaine salle de bain.
Quant à la tradition locale de prendre un bain de mer rapide pendant sa pause de travail ou entre deux rendez-vous... terminé ! Car il est impensable de poursuivre sa journée professionnelle avec du sel, du sable et surtout des bactéries sur son corps.
Ayant compris que lors de ce mandat le bien-être des Biarrots, ainsi que la considération qui leur est réservée, arrivent très loin derrière l'attention apportée aux touristes, nous allons donc tenter de jouer sur cette corde sensible des élus de la Majorité : comment justifier de vendre Biarritz partout où l'on le peut, d'employer plusieurs dizaines de personnes à Biarritz Tourisme, de payer des agences de communication pour vanter notre station... si, à l'arrivée, ces visiteurs trouvent le robinet des douches de plage fermé ?
Ces touristes comprendront rapidement que les exorbitants tarifs de stationnement et la taxe de séjour qui leur est prélevée - à l'hôtel, au camping, à la chambre d'hôte et dans les meublés de tourisme - ne leur offrent pas le loisir de se rincer à la plage, de visiter une exposition d'art d'envergure, de se balader dans une ville propre et bien entretenue, de profiter d'animations gratuites de qualité. Là, pour le coup, c'est pour eux la douche... écossaise.
Alors même que la Ville de Biarritz justifie cette taxe de séjour par l'argument qu'elle «est destinée à participer au développement touristique de la ville, contribue à améliorer la qualité de l’accueil et à rendre le séjour des touristes toujours plus agréable», le réel sur le terrain serait presque comique.
Puis arrive le RENONCEMENT. Mais attention, un demi-renoncement : l'ouverture de seulement 12 pommeaux de douche sur les 86 pommeaux existants. Histoire - pour madame Arosteguy - de ne pas admettre complètement son erreur. Le sage académicien André Frossard nous avait averti : «Il n'est jamais facile de négocier avec des gens qui se savent dans leur tort». Nous confirmons.
Ces quelques misérables pommeaux rouverts au public rincent peu, très peu, trop peu. Il suffit de les observer fonctionner quelques minutes pour constater que le débit est tellement réduit qu'un faible ruisselet en sort, contraignant l'utilisateur à exercer plusieurs pressions sur le bouton-poussoir pour espérer se rincer de manière sommaire, de la tête aux pieds.
Il est de surcroît à noter que seuls les touristes des mois de juillet et août auront le privilège suprême de l'usage des douches. Encore une fois, faut-il en conclure que la population locale, ainsi que les touristes d'avant et après saison, comptent pour des prunes ? Ces derniers ne paient-ils pas, eux aussi, une taxe de séjour qui devrait leur garantir ce service d'hygiène ?
Nous comprenons donc que seule la clientèle touristique d'été pourra se rincer, à condition de faire une looonnngue queue : cette inégalité n'est pas tolérable.
Nous ne reviendrons pas sur les désopilants et dérisoires rince-pieds coutumiers des pannes à répétition et qui nous ont valu d'être abondamment raillés par nos visiteurs. Passons.
Quand on arrange la vérité au gré des circonstances, mieux vaut avoir bonne mémoire :
1) on nous a d'abord dit que la suppression des douches de plages avait été initiée et imposée par la Préfecture pour cause de sécheresse,
2) puis que la volonté de la ville était de montrer de se montrer vertueuse en faisant de la pédagogie aux citoyens sur la préservation de la ressource eau,
3) puis que les nappes phréatiques étaient à sec,
4) puis que le coût de la consommation d'eau était trop lourd dans le budget municipal (environ 65.000€ par an),
5) puis que la CAPB (Communauté d'Agglomération Pays Basque) en avait décidé la suppression, alors même que madame Arosteguy y siège en tant que vice-présidente à l'Assainissement et ne subit donc pas cette décision mais en est un artisan principal,
6) puis que le label Pavillon Bleu - véritable fumisterie qui tente de faire croire aux touristes crédules que l'eau de mer est constamment propre - ne permettait pas la mise en service de douches, si l'eau utilisée n'est pas raccordée aux eaux usées...
Tout cela faisant fi des répercussions néfastes sur la santé publique, bien entendu.
Entendre ces arguments spécieux d'écolos-bobos, plus bobos qu'écolos, prête à rire.
-On entend moins ces bonnes âmes s'attaquer aux très nombreuses piscines alimentées par de l'eau potable et dont les permis de nouvelles créations sont allègrement délivrés par la Ville de Biarritz. Ecolos mais pas trop, écolos mais pas du tout, en fait.
-Toujours amusant de se faire donner une leçon d'écologie par des élus qui partent à quatre à Santa Cruz, en Californie, pour un pseudo-jumelage et un «voyage d'études». Inutile de dire que les «écolos» de la Mairie ne sont pas allés aux Etats-Unis en pédalo. On leur explique qu'à notre époque on échange en visio avec un ordinateur ?
-Quant aux pelouses nouvellement installées dans une partie des Jardins de la Grande-Plage, arrosées grâce à un système automatique de sprinklers... comme si à notre époque on installe des pelouses voraces en eau dans l'espace public, après avoir asséché la plupart des fontaines de notre ville par souci d'économiser l'eau !
Mais terminons sur ces invraisemblables queues auxquelles madame Arosteguy, l'adjoint à l'Environnement Mathieu Kayser, l'adjoint aux Plages Michel Laborde et le lot d'élus-suiveurs nous assujettissent dorénavant sur nos plages biarrotes. Ici, à la Grande-Plage, nous comptons tous les jours ces malheureux qui attendent leur tour plus ou moins patiemment et poliment. Inutile de préciser que le «haro sur le baudet» ne se fait point attendre quand un Biarrot dans la file en précise l'origine. Il se peut que pour les responsables de cette situation, la douche froide arrive dans quelques mois.