ÉPILOGUE : NICOLAS TRINQUIER TIRE SA RÉVÉRENCE ET LES BIARROTS SE MARRENT

«Il se passe toujours quelque chose aux Galeries Lafayette» ? Et bien à Biarritz, c'est pareil.

On nage en plein vaudeville du côté de chez Arosteguy.

Le directeur de campagne quitte le navire à peine un peu plus d'un mois du premier tour des Municipales ? C'est normal ! Tout va bien. Tout va très bien. Mais puisqu'on vous le dit !

Bon, c'est vrai que quand le bateau coule, les rats quittent le navire. Là on doit dire que c'est bien parti pour être le Titanic leur histoire. Et Nicolas Trinquier - «consultant en communication de crise et réputation» - a compris qu'il valait mieux, pour maintenir le sérieux de son CV, refaire sa valise et partir vers des cieux plus cléments avant que d'être le chef d'orchestre de la grande rouste du 15 mars prochain. Qui mieux placé que lui pour savoir qu'une bonne réputation c'est indispensable à préserver dans la vie ?

C'est que même en étant spécialiste en «crise et réputation», il existe des cas tellement désespérés, des causes perdues d'avance et pour lesquelles on peut mettre toute la volonté du monde et la richesse de l'empire de Chine, que l'on ne pourra arriver à convaincre le perspicace électeur biarrot. Sa cliente Arosteguy en est un exemple parlant.

Alors ce monsieur Trinquier est un gentleman, il sort poliment sans faire d'esclandre.

Faut dire aussi qu'on ne tire pas sur une ambulance ! Madame Arosteguy est, tout le monde le sait bien, au fond du fond dans les intentions de votes.

Et pourtant, si ça avait été un pari gagnant pour cette liste, monsieur Trinquier aurait pu espérer prendre place dans le cabinet du maire même si, comme dirait Michel Audiard, «Gouverner ne consiste pas à aider les grenouilles à administrer leur mare.».

Le quotidien Sud-Ouest, ne pouvant faire de moins sur ce départ précipité, en a alerté ses lecteurs dans un article qui se veut impénétrable. On soulève à peine un coin du tapis et hop, on le repose aussitôt. C'est que sous le tapis il y en a, depuis le temps, de la poussière que l'on cache !

La journaliste se contente de répéter la jolie version aseptisée qui lui a été préparée, sans s'émouvoir le moins du monde sur cette défection qui étonne pourtant toute une ville.

Se racontant toujours des récits imaginaires, madame Arosteguy indique qu'«il fallait un référent au départ pour structurer l'activité. Nous n'avons jamais dit qu'il resterait jusqu'au bout.».

Madame est une comique qui s'ignore. À ce niveau-là, faut faire du stand-up, sinon c'est du gâchis.

Comme disait Georges Clemenceau : «Quand les événements nous dépassent, feignons d'en être les organisateurs.».

«Il s'agissait davantage d'un coordinateur que d'un directeur de campagne». Toujours madame !

Ah bon ?! Parce que les «nigauds», que nous sommes tous, avions entendu et lu que monsieur Trinquier était directeur de campagne... Ce doit être comme pour la promesse de 2020 de rénover le stade Larribau... Tous les Biarrots ont dû «mal» entendre. Une sorte d'incompréhension collective quoi ! Ou un Alzheimer précoce pour la maire. Alzheimaire ?

Toujours dans la série des mauvaises excuses, madame Arosteguy s'enfonce inexorablement dans le ridicule en ajoutant : «Nous entrons désormais dans une phase qui nécessite un temps complet.».

Alors là, on s'attend à lire à la suite qu'il va être question d'une personne qui a toute liberté de temps pour agir au service de sa candidate et de sa liste. Et bien non !

Il est indiqué que «les missions sont désormais reprises par Maider Arosteguy et Édouard Chazouilleres» !

C'est original : une candidate aux Municipales dont la directrice de campagne est... elle-même ! Le concept est particulier, mais laissons-les aller gaiement vers le mur. Nous, on regarde.

Quant au sieur Chazouilleres, lorsqu' en 2014 il fut désigné directeur de campagne par le candidat Michel Veunac, il est à se souvenir qu'il avait fait une sortie inspirée de l'affreux Dominique de Villepin. Ce «ils finiront sur un croc de boucher» qu'il avait jeté en direction du candidat aux Municipales d'alors, Max Brisson, n'était pas intelligent, pas de bon goût et pas une image que l'on aime visualiser.

Cela lui avait d'ailleurs valu d'être démis de sa charge par le candidat Veunac dont on connaît l'esprit pondéré. Le voir maintenant propulsé pour conduire la campagne da la maire-candidate... disons qu'il vaut mieux préparer le pop-corn pour le spectacle.

Quant au «temps complet» que madame Arosteguy dit nécessaire pour tenir le rôle de directeur de campagne... l'on se demande bien comment le père de famille de quatre enfants, le mari, le chef d'entreprise, l'actuel adjoint aux finances et pas rapide Édouard Chazouillères, va bien pouvoir s'acquitter de sa tâche. Ou peut-être n'est-il que le paravent du véritable directeur de campagne ? Vous savez le compagnon de madame... George-Philip Chartier. Le courageux de l'arrière-boutique, celui qui tire toutes les ficelles mais qui reste dans l'ombre, comme ça, si ça vire mal ça ne se retournera pas contre lui.

Venons-en maintenant au désintéressement de monsieur le démissionné/démissionnaire Trinquier : madame Arosteguy n'a de cesse de revenir sur son aide «bénévole». À force de le répéter, ça en devient un mantra et ça nous met sérieusement la puce à l'oreille.

Parce que ce «consultant en communication et réputation» - avec le bilan de la maire sortante, ce n'est pas une sinécure ! - affiche librement sa tarification journalière à 1.000 €.

Mais, beaucoup le savent, au cours d'une campagne, une équipe travaille toujours gratuitement : assistance pour composer un programme, boîtage, tractage, permanence du local de campagne, mandataire financier et... aussi le directeur de campagne.

Ici - dans le cas de monsieur Trinquier - cet inlassable rappel de son bénévolat par madame la candidate est surprenant. Tellement surprenant que c'est à se demander combien il a bien pu facturer ses services... même si c'est à un prix d'ami, ou pris en charge par un aimable mécène... dans l'espoir d'un retour sur investissement.

Rappelons tout de même qu'un candidat ne peut dépenser à loisir. Le plafond des dépenses autorisées pour une liste en 2026 à Biarritz est, au 1er tour, de 36.736 € avec un remboursement de 17.450 €.

Pour les listes éligibles au second tour, ce plafond atteint la totalité de 51.206 €, avec un remboursement de 24.323 €.

En sachant que le bilan de mi-mandat réalisé par madame Arosteguy devra aussi être intégré dans les comptes de campagne. Il répond bien aux critères que retient la CNCCFP (Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques) pour leur prise en compte.

Enfin, à lire madame Arosteguy et le journal Sud-Ouest, tout ça c'est une histoire digne de Nicolas et Pimprenelle. Bonne nuit les petits !