ROUTE DÉPARTEMENTALE SURCHARGÉE = AUTOMOBILISTES À BOUT DE NERFS : QUE FONT NOS ÉLUS ?
Notre ville est traversée par une route départementale (la RD810) - plus connue par les locaux sous l'appellation RN10 - qui est logiquement fréquentée par ceux qui souhaitent aller du nord au sud, et inversement.
Intéressons-nous à la portion qui traverse la commune de Biarritz - qui démarre un peu avant l'entrée de l'autoroute, pour se poursuivre sur le viaduc de la Négresse et se terminer un peu au-delà de l'aéroport.
Faisons, auparavant, un petit pas de côté.
Lorsque le maire Guy Petit avait eu l'audace de faire construire le viaduc de la Négresse - projet qui s'est finalement concrétisé en 1976 - peu de Biarrots avaient adhéré à son intention qui était pourtant celle d'un homme visionnaire. Car qui pourrait, aujourd'hui, imaginer ce quartier avec pour seule voie celle du Pont de la Négresse ?
Revenons au viaduc qui est, depuis 2005, sous la responsabilité du département. Il ne serait pas inutile que ce dernier s'intéresse à envisager un habillage de cet ouvrage. Peu esthétique et dans un environnement déjà pour le moins bigarré, il s'agit d'initier ce qui pourrait être un plan d'ensemble de cette zone, ce qui n'est manifestement pas dans les esprits, ni de ceux qui dirigent cette ville, ni des élus qui la représentent au département.
Parlons-en de ces élus.
Commençons par Max Brisson qui cumule son poste de sénateur à celui de conseiller départemental. D'abord conseiller municipal dans la majorité de Bernard Marie, puis adjoint aux côtés de Didier Borotra, il mène concomitamment une vie politique municipale et départementale, dans ce département des Pyrénées-Atlantiques dont il est élu depuis 1998, donc aujourd’hui depuis 27 ans. Puis il tente l'aventure aux Municipales de 2014 et perd face à Michel Veunac, pourtant en pleine vague bleue sur le plan national.
Il n'est pas inutile - et vous comprendrez pourquoi plus loin - d'indiquer qu'à partir de 2015, un binôme homme-femme devient obligatoire pour présenter une candidature aux Départementales. Oubliant de faire appel à Bénédicte Darrigade - sa suppléante de son mandat précédent - il bat la campagne pour tenter de trouver une personne du sexe féminin de tendance centriste pour ratisser plus large son électorat. Après avoir essuyé plusieurs refus de personnalités locales et confronté à des rangs qu’il a contribué à clairsemer de ces dames LR, il se contente de placer en binôme la centriste UDI Maider Arosteguy. Le binôme est élu et fera équipe jusqu'en 2021.
Entre temps, madame Arosteguy - passée donc du parti du Nouveau Centre à l'UDI - quittera ce parti pour les LR au moment des Législatives de 2017. En effet, le parti UDI préférera investir le Luzien Stéphane Alvarez à la place de madame Arosteguy, ce qui provoquera l'ire de celle-ci qui cherche donc à se faire une place ailleurs. C'est beau les convictions.
Après l'aventure ratée des Législatives de 2017 et la victoire du Camboard Vincent Bru, madame Arosteguy tente les Municipales en 2020, qu'elle gagne face à un contexte national et local très particulier (période Covid, sept listes en lice + celle du ministre Didier Guillaume qui se désiste un mois avant le premier tour) et cherche à s'émanciper de son binôme en briguant au conseil régional un poste, qu'elle obtiendra.
2021 : les élections départementales se rapprochent, monsieur Brisson s'attelle cette fois-ci à madame Martine Vals, opportunément aussi adjointe de madame Arosteguy. Voilà donc, encore une fois, une personne qui devrait être en capacité de défendre les dossiers biarrots au département.
Ce qui précède est certes long, mais cela a le mérite de nous renseigner sur les combinaisons politiques du moment, ce qui est nécessaire pour démontrer qu'aussi bien le conseiller départemental toujours en place monsieur Brisson, que l'ancienne élue départementale madame Arosteguy et enfin l'actuelle élue madame Vals, ne peuvent méconnaître cette situation d'engorgement qui nous occupe ce jour. Si tel était le cas, nous en serions particulièrement surpris.
Le sujet qui va suivre - comme d'autres - devrait être maîtrisé par les élus pré-cités, mais sur le terrain on n'en voit pas toujours la matérialité.
On peut aussi s'interroger sur le cumul de mandats dans la durée : impossibilité de se renouveler, la flamme de l'engagement qui s'étiole, déconnexion avec la base : le temps fait des ravages.
D'ailleurs madame Arosteguy, lucide, le disait elle-même - en 2011, dans la presse locale - et visait son concurrent d'alors, monsieur Brisson : «Il a bien joué son rôle. Maintenant deux mandats, ça devrait suffire, non ? Sinon, on tourne en rond, on est dans un système qui n'a pas de limites, où nos élus donnent l'impression de s'accrocher.». Amusant de constater qu'elle ne trouvera rien à redire quand celui-ci viendra la chercher pour l'accompagner pour un énième mandat !
Nombre de Biarrots - mais pas seulement - nous ont contactés afin de savoir quelle instance publique doit s'activer pour réaménager la RD810 et la rendre davantage en phase avec le flux d'automobilistes qui journellement l'empruntent.
Axe majeur et tronçon important coincé entre la sortie de l'autoroute, la gare, l'accès au centre-ville de Biarritz, une zone artisanale, et l'aéroport, il n'est pas difficile de comprendre l'engorgement que l'on peut y constater. Face à cela, des mesures s'imposent : soit le creusement d'un passage souterrain en-dessous du rond-point, soit un court pont qui viendrait en surplomb du même rond-point.
Et pourtant, rien n'est dit sur ce sujet, rien n'est envisagé, ni par les élus en mairie, ni par ceux du département.
À lire l'article L.131-2 du code de la voirie routière : «Les dépenses relatives à la construction, à l’aménagement et à l’entretien des routes départementales sont à la charge du département», ce qui revient à dire que ce problème doit être pris en charge par nos représentants biarrots au département.
Pour autant, comme nous l'indique l'article L.2213-1 du code général des collectivités territoriales, la compétence du maire est d'exercer la police de la circulation sur la commune traversée - entre autres - par les routes départementales.
Nous comprenons donc l'importance que les deux entités - mairie et département - travaillent main dans la main pour régler ce problème. Comment alors comprendre que ces élus, qui habitent la même ville, qui appartiennent au même parti politique, et qui sont depuis longtemps élus, ne fassent rien ?
Toujours est-il que les Biarrots et les habitants de l'agglomération subissent quotidiennement les conséquences de ce manquement de la part d’élus qui mettent la poussière sous le tapis en croyant que nous ne voyons rien. À quand la prise de conscience et enfin l'action ?
